Plusieurs dirigeants politiques ont évoqué, lundi 16 janvier à leur arrivée à l'Eurogroupe, des signaux positifs qui permettent d'espérer que la zone euro ne traversera pas de récession en 2023, malgré les répercussions pour l'Union européenne de l'agression militaire russe de l'Ukraine, telles qu'un niveau anormalement élevé des prix de l'énergie.
« Il se peut que l'inflation ait atteint son pic » fin 2022, a noté le vice-président exécutif de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis.
Après avoir atteint 10,6% en octobre, la hausse des prix a depuis été ramenée à 10,1% en novembre et à 9,2% en décembre. Un niveau qui oblige la BCE à poursuivre la normalisation de sa politique monétaire en resserrant ses principaux taux directeurs.
Le commissaire européen à l'Économie, Paolo Gentiloni, a noté la baisse des prix énergétiques, notamment grâce à l'introduction d'un plafond pour les prix du gaz. Selon lui, « une chance existe d'éviter une profonde récession » au sein de la zone euro cette année, le ralentissement économique observé pouvant néanmoins aboutir à « une courte période de contraction » en début d'année.
Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a dépeint une situation « meilleure que prévu », signe de « la solidité » de l'économie dans la zone euro, malgré les incertitudes et les difficultés.
MM. Dombrovskis et Gentiloni ont signalé l'importance de bien calibrer la politique budgétaire afin qu'elle n'alimente pas l'inflation et, in fine, ne contredise pas la politique monétaire. Cela passe notamment par un meilleur ciblage des aides d'urgence aux ménages et aux entreprises les plus affectées par la crise énergétique, véritable leitmotiv de l'Eurogroupe amorcé à l'automne 2022 (EUROPE 13077/14).
M. Gentiloni a aussi plaidé pour une mise en œuvre rapide des plans de relance nationaux dans le cadre du Plan de relance européen Next Generation EU. Il a espéré un accord sur la réforme du cadre européen de gouvernance économique.
Sur ce point, la ministre espagnole des Finances, Nadia Calviño, a regretté que des discussions ministérielles ne soient programmées qu'en février. Un accord politique est possible sous Présidence espagnole du Conseil de l'UE au deuxième semestre 2023, a-t-elle indiqué. (Mathieu Bion)