Le Forum européen pour la jeunesse (‘European Youth Forum’, EYF) dénonce le coût pour les jeunes des stages non rémunérés. Dans une étude publiée lundi 16 janvier, il trouve que les stagiaires devant débourser en moyenne 1 000 euros par mois pour mener leur expérience professionnelle à bien, le système actuel renforce les inégalités.
Non seulement beaucoup de stages durent six mois, mais 53% des 345 répondants déclarent également avoir dû s’engager dans deux stages non rémunérés avant de trouver un emploi. Les jeunes devraient donc débourser 12 000 euros, précise l’EYF, un montant qui devrait, par ailleurs, s’envoler davantage en 2023 avec la hausse des prix.
Dès lors, les jeunes issus de milieux populaires ou marginalisés ont moins de possibilités d’accepter des stages non rémunérés et, par conséquent, moins de chances d’obtenir un emploi par la suite.
Si certains s’engagent alors dans un deuxième emploi, les chercheurs ne considèrent pas la solution comme souhaitable. En effet, des heures de travail excessives engendrent des coûts non financiers supplémentaires, notamment une augmentation du stress et une détérioration générale de la santé mentale. Or, de nombreux stagiaires disent déjà se sentir dévalorisés sur leur lieu de stage, faute de conditions de travail de qualité.
Alors que la Commission européenne a prévu de proposer une révision de la recommandation du Conseil de l’UE pour des stages de qualité en 2023 (EUROPE 13096/14), l’EYF plaide plutôt pour une directive européenne « qui garantirait des conditions de travail de qualité, équitables et rémunératrices pour les stages sur le marché du travail ».
Pour lire l’étude (en anglais) : https://aeur.eu/f/4wj (Hélène Seynaeve)