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Bulletin Quotidien Europe N° 12906
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Le Parlement européen salue les efforts des États membres pour accueillir les réfugiés et appelle la Commission à les soutenir davantage

Les eurodéputés ont salué, mardi 8 mars à Strasbourg, les efforts des États membres, notamment ceux frontaliers de l’Ukraine, pour accueillir des centaines de milliers de réfugiés et ont appelé les institutions européennes à les soutenir davantage.

Une partie des députés a également insisté sur la nécessité de ne discriminer personne, quand d’autres se sont émus que la réponse européenne ne soit pas la même pour toutes les zones d’arrivées de réfugiés.

La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a débattu avec eux de la situation dans les pays frontaliers de l’Ukraine, dont la Pologne, qui a encore accueilli plus de 100 000 personnes sur la journée. Près de 2 millions d’Ukrainiens sont arrivés dans l'UE depuis le 24 février, « soit autant que le nombre d’arrivées observées en 2015 et 2016 », a souligné la commissaire.

Ylva Johansson est aussi revenue sur le « moment historique » que représente l'activation de la directive de 2001 sur la protection temporaire immédiate. La Commission présentera prochainement des orientations pour accompagner l’application de cette directive notamment par des informations sur les offres et capacités d’accueil dans les États membres et pour coordonner la réponse.

La commissaire a aussi rappelé le devoir de faire rentrer toute personne sur le territoire européen, d’où qu’elle vienne, et « c’est ce que l’UE fait. Ne croyez pas les mensonges de Poutine, si vous êtes en Ukraine, vous êtes les bienvenus », a lancé la commissaire, expliquant que 130 000 ressortissants des pays tiers étaient à ce jour entrés dans l’UE, entre des ressortissants nigérians, turcs ou indiens. La commissaire a aussi estimé que les pays d’accueil « font de leur mieux » et montrent une « solidarité extraordinaire ».

Divers appels à Frontex et l’Agence pour l’asile

Parallèlement aux nouvelles annonces d'aides financières (voir article lié), la commissaire a aussi fait le point avec les députés sur les demandes de certains États membres d’obtenir un soutien de Frontex ou de l’Agence européenne pour l’asile.

La Roumanie a ainsi demandé une aide de l’Agence européenne pour l’asile pour l’aider à appliquer la directive de 2001. En ce qui concerne Frontex, 2600 agents pourraient être déployés, si besoin ; la Roumanie devrait accueillir 162 agents de Frontex ; la Moldavie a aussi sollicité une éventuelle assistance de Frontex. D’autres États membres réfléchissent à ces options, a dit la commissaire.

Mme Johansson a aussi exprimé son inquiétude quant au sort des enfants ukrainiens, parfois arrivés seuls, qu’il faut absolument protéger des réseaux et trafiquants.

Face à elle, nombreux ont été les députés à se dire fiers de la réponse donnée par les pays européens, comme le Néerlandais du PPE Jeroen Lenaers, pour qui l’Europe « se montre à la hauteur ». Le socialiste polonais Marek Belka a, lui, appelé l’UE à fournir davantage d’aides financières aux États membres.

Mais pour d’autres, comme la Néerlandaise Tineke Strik (Verts/ALE), il faut veiller à ne discriminer personne et ne faire aucune distinction sur la base de la couleur ou de l’origine. « Tous les ressortissants des pays tiers doivent être protégés » de la même façon, a-t-elle exhorté.

La directive de 2001 peut aussi souffrir de sa « partie plus faible » qui est l’aspect volontaire de l’accueil des réfugiés, a-t-elle ajouté, estimant par ailleurs que tous les réfugiés qui viennent en Europe doivent être traités de la même manière et obtenir la même protection.

« Sans aucun doute ce changement de cap de la politique d’asile est une bonne nouvelle », a commenté l’Espagnole Sira Rego (La Gauche). « Ceci montre que lorsque l’on veut, on peut; on peut créer des voies légales de migration vers l'Europe. Cela montre qu’une autre approche est possible sur le 'Pacte asile et migration' », a-t-elle ajouté, regrettant toutefois que la directive de 2001 ne couvre pas les étudiants étrangers.

La députée polonaise du CRE Jadwiga Wiśniewska a, quant à elle, appelé l’UE à débloquer les fonds de la relance pour son pays, qui « a besoin d’une aide beaucoup plus concrète », et critiqué ses collègues qui veulent « voter une résolution pour bloquer ces moyens ». (Solenn Paulic)

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