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Bulletin Quotidien Europe N° 12886
POLITIQUES SECTORIELLES / Agriculture

Julien Denormandie salue une « approche partagée » au sein du Conseil de l’UE sur l’agriculture bas carbone

Le ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, a salué, mardi 8 février à Strasbourg, après un débat sur l’agriculture bas carbone, « une approche partagée » au niveau du Conseil de l’Union européenne conciliant la captation de carbone dans les sols et la création de valeur économique (rémunération).

« J’ai senti l’intérêt unanime des États membres sur le sujet », s’est-il félicité.

Lors de leur réunion informelle consacrée à la séquestration de carbone dans les sols agricoles et les forêts, les ministres européens de l'Agriculture ont aussi, selon le président en exercice du Conseil 'Agriculture', identifié des « leviers » pour amplifier l’agriculture bas carbone (EUROPE 12885/3) : - les pratiques culturales au niveau national ou européen en matière d’agriculture et de forêts ; - la création de mécanismes pour valoriser économiquement la captation de carbone dans le sol, ou crédits carbones agricoles (effort additionnel en termes de captation, transparence et crédibilité).

La Commission présentera en fin d’année une proposition de cadre européen pour la certification de tels crédits carbone.

Il faudra accompagner les agriculteurs pour mettre en œuvre les initiatives sur le terrain et le crédit de carbone européen devra être plus cher que le crédit carbone d’Amérique du sud, a estimé M. Denormandie.

Le Conseil 'Agriculture' devrait adopter, en mars ou en avril, des conclusions sur l'agriculture bas carbone. Le comité spécial agriculture (CSA) débattra le 14 février d'un premier projet de conclusions sur le sujet.

Des pays plus prudents. Cem Özdemir, le ministre fédéral allemand de l'Agriculture, a estimé notamment qu’il fallait éviter un double financement via les écorégimes de la PAC et les mesures liées au stockage de carbone dans les sols agricoles.

La veille, il avait expliqué à quelques journalistes que le ‘carbon farming’ pourrait conduire à aider l'agriculture et la sylviculture à apporter une contribution à la protection du climat. Certaines mesures sont particulièrement adaptées, par exemple celles qui permettent d'augmenter la teneur en humus des sols. Ces dernières années, certains systèmes de certification ont été mis en place, a ajouté le ministre allemand.

« Nous souhaiterions qu'une série de questions techniques soient éclaircies, notamment la question de la durabilité du CO2, la réversibilité de la mesure, l'évitement du déplacement d’émissions et la biodiversité », a poursuivi M. Özdemir.

Mardi, la ministre autrichienne Elisabeth Köstinger a déclaré qu’il ne fallait pas créer de nouveau cadre lié au stockage de carbone, mais conserver celui de la politique agricole commune (PAC), notamment les possibilités offertes par le second pilier du développement rural.

Une proposition législative fin 2022. Janusz Wojciechowski, le commissaire européen à l’Agriculture, a rappelé qu’en décembre 2020, la Commission avait recommandé aux États membres d'envisager de proposer, dans les plans stratégiques sur la PAC, « des interventions spécifiques pour les puits de carbone ». « Sur la base des projets de plans stratégiques en cours d'évaluation, je peux d'ores et déjà confirmer que les écorégimes et les mesures de développement rural sont utilisés par de nombreux États membres à cette fin », s'est-il félicité.

Toutefois, pour des mesures plus ambitieuses, telles que le gel des terres ou la restauration de la nature, un financement supplémentaire en dehors de la PAC est nécessaire, selon le commissaire.

« En établissant un cadre réglementaire pour la certification des absorptions de carbone, l'UE mettra en place l'instrument permettant l'identification transparente des solutions qui éliminent réellement le CO2 de l'atmosphère », a poursuivi M. Wojciechowski.

La certification sera fondée sur une comptabilité carbone robuste et transparente et la proposition est annoncée pour fin 2022.

L’organisation European Coordination Via Campesina (ECVC) a critiqué la communication de la Commission sur les cycles durables du carbone au motif que la stratégie est « insuffisante pour atteindre avec succès les objectifs du Pacte vert de l'UE ». ECVC s'est en effet dite « préoccupée par le mécanisme de certification proposé et l'accent mis sur les crédits carbone ». (Lionel Changeur)

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