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Bulletin Quotidien Europe N° 12879
POLITIQUES SECTORIELLES / MarchÉ intÉrieur

Agnès Pannier-Runacher veut rendre les projets PIIEC plus efficaces

La ministre déléguée française auprès du ministre de l'Économie chargée de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, a insisté sur le rôle clé que jouent les projets importants d’intérêt européen commun (PIIEC) et sur la nécessité « d’industrialiser » les processus de traitement au sein de la Commission européenne, lors d’un échange avec les députés de la commission de l’Industrie et de la Recherche (ITRE) du Parlement européen, jeudi 27 janvier.

La ministre a insisté sur le rôle des PIIEC européens, un instrument très puissant, selon elle, pour réindustrialiser l’Europe. Capitalisant sur le succès du PIIEC sur les batteries, qui a fait de l’Union européenne le premier investisseur mondial dans le secteur en deux ans, la ministre veut répéter l’expérience pour l’hydrogène.

Selon elle, cependant, il faut s’atteler à la durée de traitement des PIIEC, notamment du côté de la Commission européenne. Il y a, dit-elle, un défi « d’exécution ». « On passe d’un nombre de projets qui se comptaient sur les doigts des deux mains à un nombre de projets qui se comptent aujourd’hui par dizaines », a-t-elle indiqué. C’est un travail d’analyse « extrêmement lourd » pour la Commission européenne, a-t-elle reconnu. Pour elle, tout l’enjeu à présent est de passer à une phase « d’industrialisation du traitement de ces dossiers pour être le plus efficace possible ».

Pressée par les eurodéputés sur la question de la sécurisation des approvisionnements de matières premières critiques (sujet de la réunion informelle de mardi prochain – voir autre nouvelle) et la manière de procéder, la ministre a indiqué qu’il fallait reprendre la classification de Mendeleïev (le tableau présentant tous les éléments chimiques ordonnés par nombre d’atomes) et cartographier les besoins actuels et à venir de l’industrie européenne et la situation mondiale d’approvisionnement. Elle a insisté sur le nickel, le cobalt et le lithium pour les batteries et les aimants permanents pour les parcs éoliens maritimes.

D’une manière générale, la ministre a expliqué qu’il ne sera jamais possible à l’Europe d’être autosuffisante en matières premières critiques. Selon elle, l’Union européenne doit donc investir dans l’innovation pour développer des technologies alternatives (le recours au sodium pour les batteries électriques pour réduire le recours aux métaux rares) et sécuriser les approvisionnements avec des pays tiers, en instaurant les normes sociales et environnementales (et en développant un cadre normatif pour promouvoir les « mines responsables »). Ici, la ministre a mis l’accent sur les technologies et les sites de raffinage et la nécessité pour l’Europe de rattraper la Chine, les États-Unis et le Royaume-Uni dans ce domaine.

La ministre a rappelé que trois conférences de haut niveau se tiendront sur l’autonomisation stratégique de l'Union européenne. Le 8 février aura lieu une conférence sur la souveraineté numérique, le 3 mars une sur la santé, et le 9 mars une autre sur la décarbonation. Une première réunion ministérielle s’est tenue le 13 janvier sur la question de l’autonomie stratégique (EUROPE 12867/6). (Pascal Hansens)

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