Les ambassadeurs nationaux des États membres auprès de l’UE ont poursuivi, vendredi 28 janvier, leurs échanges sur la façon de faire avancer le Pacte sur l’asile et la migration en perspective de la réunion informelle des ministres de l’Intérieur de l’UE le 3 février à Lille (EUROPE 12877/4).
La Présidence avait soumis une note à cet effet pour détailler l’approche graduelle qu’elle souhaite suivre, organisée notamment sur la base d'un accord préalable sur les contrôles de vérifications aux frontières extérieures de l’UE (par le biais du règlement ’filtrage’), sur un renforcement des retours et sur une composante de solidarité via un accord volontaire sur les relocalisations, notamment de personnes sauvées en mer, inspiré de l’accord de La Valette.
« Les États membres sont d’accord sur cette approche graduelle », a dit une source, « mais les positions n’ont pas tellement bougé » sur le contenu, notamment les questions de filtrage ou de relocalisation volontaire, qui restent « ouvertes ».
Le président français, Emmanuel Macron, rencontrera lui-même les ministres de l’Intérieur de l’UE, le 2 février au soir, pour faire avancer le Pacte, mais aussi pour évoquer la réforme de l’espace Schengen.
Dans un entretien accordé à La Voix du Nord, le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a indiqué que les ministres examineront « les moyens d’imposer aux pays qui ont des frontières vers l’extérieur de l’UE une meilleure maîtrise de celles-ci, l’enregistrement de tout étranger, la vérification de ses antécédents et le partage des fichiers ».
« C’est ce qu’on nomme la responsabilité. En contrepartie, les autres pays s’engagent à prendre une partie des frais de maîtrise des frontières et une partie des demandeurs d’asile. C’est tout l’intérêt du pacte migratoire », a-t-il poursuivi. (Solenn Paulic)