La session extraordinaire de l'Assemblée mondiale de la santé s'est ouverte lundi 29 novembre à Genève, marquant le coup d'envoi d'un processus intergouvernemental en vue de négocier une Convention, un accord ou un autre instrument international sur la préparation et la réponse aux pandémies.
Bien que l'UE espère négocier un traité juridiquement contraignant, il n'est pas acquis que le futur accord ou instrument revête ce caractère contraignant, puisque le feu vert informel donné dimanche par les diplomates à un projet de résolution mentionne toujours ces différentes options (EUROPE 12840/3).
À l'heure où la communauté internationale réagit en ordre dispersé à l'apparition du variant 'Omicron' du SARS-CoV-2, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dit qu'on ne connaîtra pas la gravité et l'impact avant plusieurs semaines, le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a estimé que ce variant devait sonner l'alerte. « Tout cela se reproduira, à moins que vous, les nations du monde, ne vous unissiez pour dire d'une seule voix : plus jamais ça ! », a-t-il prédit.
Dès avril 2020, l’UE et l’OMS avaient misé sur les vaccins comme 'LA' solution pour vaincre le coronavirus (EUROPE 12474/7), lequel mute.
« Avec le Dr. Tedros, nous avons proposé un traité international sur les pandémies, ancré dans la constitution de l'OMS », a tenu à préciser le président du Conseil européen, Charles Michel, afin de tenter de convaincre les pays qui ne veulent pas de doublons avec l'OMS. Il a enfoncé le clou, réitérant la préférence de l'UE pour un instrument contraignant.
« Il est de notre responsabilité collective de ne jamais laisser une autre pandémie nous trouver non préparés, non coordonnés ou travaillant isolément les uns des autres. L'issue de cette session - et vos décisions d'aujourd'hui - sont essentielles pour la manière dont nous coopérerons à l'avenir et la manière dont nous préviendrons, préparerons, détecterons et répondrons aux menaces sanitaires à l'avenir. Comme vous le savez, j'ai été un ardent défenseur d'un traité international ou d'un instrument juridiquement contraignant sur la préparation aux pandémies », a-t-il déclaré.
M. Michel avait en effet ardemment promu cette idée au Sommet mondial de la santé de Rome, en mai 2021. Les principes alors agréés avaient, certes, posé les jalons d'une coopération internationale renforcée pour sortir de la crise de la Covid-19 et améliorer la préparation aux pandémies suivantes, mais la déclaration de Rome ne parlait pas de Traité sur les pandémies (EUROPE 12724/5).
« Soyons mieux préparés contre les futures pandémies. Je me félicite du lancement des négociations en vue d'un accord mondial sur la prévention, la préparation et la riposte » a déclaré, quant à elle, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elle a rappelé qu'elle est « également favorable à un nouveau fonds intermédiaire financier pour la sécurité sanitaire mondiale ».
Un tel mécanisme de financement de la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies n'avait pu être agréé par le sommet du G20 (EUROPE 12824/6). (Aminata Niang)