Les ministres des Finances français, Bruno Le Maire, et irlandais, Paschal Donohoe, sont d'avis qu'un accord des Vingt-sept sur une réforme du cadre européen de gouvernance économique est possible, peut-être sous Présidence française du Conseil de l'Union européenne au premier semestre 2022.
« Il faut des règles communes dans une zone monétaire commune », l'endettement public doit être réduit « fermement, mais progressivement » pour ne pas casser la croissance économique et les règles doivent soutenir « les transitions climatique et numérique », a indiqué M. Le Maire à l'issue d'une rencontre à Paris avec le président de l'Eurogroupe, destinée à présenter les priorités de la France pour le Conseil 'Écofin' début 2022.
M. Donohoe a évoqué plusieurs défis : simplifier les règles budgétaires, gérer les niveaux élevés de dette publique, investir dans les activités d'avenir. Il a noté avec satisfaction la volonté du futur gouvernement allemand de trouver des solutions européennes sur la réforme du Pacte de stabilité et de croissance et le parachèvement de l'union bancaire en zone euro.
Le débat sur « la cigale et la fourmi » est hors sujet, la question c'est : 'Comment l'Europe défend ses intérêts économiques face aux États-Unis et à la Chine ? Comment devenir le premier continent décarboné du monde ?', a insisté le ministre français, satisfait que Berlin et Paris partagent l'objectif d'« affirmer la souveraineté européenne dans les années à venir ».
M. Le Maire a souhaité un accord au premier semestre 2022 au Conseil sur la directive qui introduira dans l'UE le pilier II de l'accord sur la réforme de la fiscalité internationale (EUROPE 12808/2). Selon lui, 2023 est l'horizon visé pour appliquer l'accord international.
Les autres priorités françaises citées par M. Le Maire sont la création d'un mécanisme d'ajustement carbone aux frontières de l'UE (CBAM), l'euro numérique et la taxonomie, qui doit, selon lui, inclure l'énergie nucléaire.
Les deux ministres ont estimé que, malgré la recrudescence de la pandémie de Covid-19 et l'inflation, les fondamentaux économiques demeurent solides. (Mathieu Bion)