Alors que l’UE prépare des sanctions à l’encontre du groupe Wagner (EUROPE 12833/31), un rapport du SEAE du 22 novembre, obtenu par EUROPE, révèle que des unités des FACA (forces armées centrafricaines) formées par la mission EUTM coopèrent avec ce groupe.
Le Service diplomatique dénonce le fait que 'le groupe Wagner/la Russie' entraîne les FACA de manière non transparente et a fourni une formation supplémentaire aux unités déjà certifiées par l'EUTM RCA. Dernier exemple en date : le Bataillon d'Infanterie Territoriale 7 (BIT 7), nouvellement formé par l'EUTM, actuellement contrôlé par du personnel du groupe Wagner « qui dispense une formation supplémentaire à l'encontre de l'accord entre l'EUTM et le gouvernement de la RCA sur un emploi transparent ».
Plus largement, « la plupart des unités des FACA déployées opèrent sous le commandement ou la supervision directe des mercenaires de Wagner », précise le document, qui ajoute que Wagner a notamment établi une solide influence sur l'état-major des FACA et d'autres institutions gouvernementales.
Le SEAE estime que les très faibles relations de commandement et de contrôle entre les unités déployées et l'état-major sont régulièrement exploitées par les mercenaires de Wagner/de la Russie « qui peuvent sans entrave prendre le commandement sur place et utiliser ainsi les FACA pour leurs propres opérations ».
Pour le SEAE, cette présence forte de Wagner, avec une influence accrue sur les décideurs à Bangui, a placé les missions PSDC dans un environnement plus complexe. « Il sera nécessaire de soutenir le gouvernement centrafricain dans la recherche d'options pour affaiblir cette influence, de proposer des alternatives viables et de surveiller si cela se traduit par des actions concrètes ».
Le positionnement futur du gouvernement par rapport aux opérations du groupe Wagner et des FACA déterminera la future empreinte PSDC de l'UE en RCA. Une révision stratégique des missions EUTM et EUAM est prévue au premier semestre 2022.
La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Nabila Massrali, s’est refusée à commenter ce rapport. (Camille-Cerise Gessant)