Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a expliqué, vendredi 1er octobre, que l’autonomie stratégique de l’UE n’avait « rien à voir avec l’OTAN ».
Selon lui, il faut une capacité militaire complémentaire pour rendre l’OTAN plus forte et plus équilibrée. « Ce qui manque est un meilleur équilibre politique au sein de l’OTAN. S’il y avait cela, ce qu’il s’est passé en Afghanistan et dans le Pacifique aurait pu être évité », a estimé M. Borrell lors d'une discussion à la World Policy conférence à Abou Dabi, plaidant pour un renforcement de la capacité propre des Européens à agir dans le monde.
Selon M. Borrell, si une « armée européenne est utopique », il faut compléter les capacités individuelles des États membres par des capacités européennes. Par ailleurs, il n’y a « pas d’alternative à l’OTAN pour la défense territoriale de l’Europe », a-t-il prévenu.
En outre, l’Europe subit une sorte de rétrécissement stratégique, a mis en garde le Haut Représentant. « Si on veut être un pôle » dans ce monde mutipolaire, « on doit lutter contre cette force qui nous pousse à nous rétrécir dans notre environnement immédiat. Il faut être présent partout dans le monde, mais pour cela, il faut en avoir la volonté », a-t-il estimé.
Le Haut Représentant a également regretté le manque d’unité dans la politique étrangère européenne « pratiquement dans tous les sujets européens ». Interrogé sur la fin de l’unanimité, M. Borrell a plaidé en faveur d'un telle mesure, tout en reconnaissant que cela n'arrivera pas à court terme. « Tout le monde est attaché au droit de veto. Pour moi, il serait bien mieux d’avoir la capacité de décider à la majorité qualifiée, ce serait une incitation importante à s’engager dans une discussion. Si vous savez que, sans vous, rien ne peut être fait, vous restez dans votre coin, vous n’avez pas besoin de participer au débat », a-t-il expliqué, ajoutant que ce n’était pas la façon de faire face aux problèmes géopolitiques. (Camille-Cerise Gessant)