L'eurodéputé séparatiste catalan Carles Puigdemont a été arrêté à son arrivée à l'aéroport d'Alghero en Sardaigne, jeudi 23 septembre, a déclaré le chef de son cabinet, Josep Lluis Alay, sur son compte Twitter, hier dans la soirée.
M. Puigdemont était en déplacement pour participer à un festival culturel et s'entretenir avec des élus italiens, notamment le président de la Région autonome de Sardaigne, ainsi que le médiateur catalan.
Ce vendredi, l'homme politique catalan a été présenté aux juges de la Cour d'appel de Sassari, qui devaient décider de son extradition en Espagne, où il est attendu pour être jugé pour sédition à la suite de l'organisation, fin 2017, d'un référendum illégal sur l'indépendance de la Catalogne, dont il a été l'un des grands instigateurs (EUROPE 11880/1). Selon la presse nationale espagnole, les juges italiens ont décidé de ne pas extrader l'eurodéputé.
La Commission européenne toujours muette
Interrogé vendredi 24 septembre par des journalistes lors du point presse de midi, le porte-parole de la Commission européenne n'a pas souhaité commenter, respectant l'indépendance des autorités judiciaires nationales.
Du côté du PE, les réactions ont fusé, de manière souvent contradictoire. Ainsi, l'eurodéputé François Alfonsi (Verts/ALE, français) a fermement condamné l'arrestation. « L'Italie bafoue la légalité européenne avec l'arrestation de Carles Puigdemont. Nous exigeons sa libération immédiate ! », a lancé l'eurodéputé corse sur son compte Twitter.
Au contraire, Dolors Montserrat (PPE, espagnole) a salué l'arrestation sur son compte Twitter. À ses yeux, M. Puigdemont doit répondre devant la justice espagnole. « Dans l'UE, il n'y a pas de place pour l'impunité pour ceux qui attaquent l'État de droit », a-t-elle écrit.
Pour cette eurodéputée, il faut que l'ordre juridique européen soit appliqué également pour les crimes de rébellion et de sédition (les chefs d'accusation de la justice espagnole à l'encontre de M. Puigdemont), en se référant explicitement au travail politique de son collègue Javier Zarzalejos (PPE, espagnol), qui a défendu notamment un rapport sur la mise en œuvre des mandats d'arrêt européens.
Ce n'est pas la première fois que M. Puigdemont est arrêté par des autorités nationales d'un État membre. En 2018, il avait échappé de peu à l'extradition après avoir été intercepté en Allemagne (EUROPE 12066/31). (Pascal Hansens)