Le Haut Représentant de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a qualifié d'« inacceptables », vendredi 24 septembre, les cyberactivités « malveillantes », désignées sous le nom de Ghostwriter et « associées à l'État russe ».
Ces cyberactivités, ajoute M. Borrell dans une déclaration au nom de l'UE, menacent les valeurs et principes démocratiques des démocraties européennes dans la mesure où elles tentent de piller les données de nombreux députés nationaux, responsables gouvernementaux, dirigeants politiques, journalistes et membres de la société civile.
En Allemagne, la justice a ouvert une enquête sur un soupçon d'activité de services de renseignements étrangers alors que les élections législatives allemandes se déroulent dimanche 26 septembre.
« Nous pressons la Fédération de Russie d'adhérer au cadre onusien relatif au comportement responsable d'un État dans le cyberespace », a souligné M. Borrell. Il a indiqué que les États membres de l'UE se pencheront sur la question lors de réunions ultérieures et envisageront la possibilité de « prendre des mesures additionnelles ».
La veille, en marge de l'assemblée générale des Nations Unies, le Haut Représentant et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avaient fait le point sur les relations UE/Russie, les Européens cherchant à les rendre plus stables et plus prévisibles.
« Des désaccords persistent », en particulier sur les violations par la Russie de la souveraineté de l'Ukraine, les droits humains et la démocratie ainsi que sur les cybermenaces et la désinformation, constate un communiqué du Service européen d'action extérieure (SEAE) publié jeudi 23 septembre dans la soirée.
En juin, M. Borrell avait dévoilé les grands axes d'une nouvelle stratégie pour les relations UE/Russie basée sur l'approche 'riposter, contenir et dialoguer' (EUROPE 12742/1). Pour contenir les tentatives russes de saper ses intérêts, l’UE est encouragée à développer ses capacités de cybersécurité ainsi qu'à intensifier les travaux sur la désinformation par des agents étrangers, notamment en renforçant le cadre réglementaire pour les plateformes numériques. (Mathieu Bion)