Christiane Lambert, la présidente du Comité des organisations professionnelles agricoles de l’UE (Copa), a déclaré, vendredi 24 septembre, lors d’une conférence de presse, qu’elle ne comprenait pas « la surdité de la Commission européenne », qui tarde à fournir une étude d’impact sur les effets, sur le secteur agricole, des stratégies qui découlent du 'Pacte vert européen'.
Elle a demandé que la Commission publie une véritable étude d’impact avant que des décisions soient prises et avant que le Parlement européen ne vote, prochainement, sur la stratégie ‘de la ferme à la table’.
L’agriculture européenne ne doit pas être mise à mal par un changement brutal, a souligné Mme Lambert, qui a affirmé que les premières études partielles sur l’impact de la stratégie 'de la ferme à la table' montraient une baisse de 10 à 15% de la production, une baisse des revenus des exploitants agricoles et une hausse des coûts des aliments pour les consommateurs.
Ramon Armengol, président des coopératives agricoles de l'UE (Cogeca) a, lui aussi, évoqué la hausse des prix des denrées alimentaires et la baisse de la production qui découleraient de cette stratégie. Les prix de l’énergie ont déjà augmenté, a-t-il noté.
En référence à l’initiative américaine en faveur d’une agriculture productive, la présidente du Copa a indiqué que cette initiative est arrivée « en réaction à la stratégie de l’UE 'de la ferme à la table', qui dit qu’il faut moins produire ». « Notre proposition est de produire plus et mieux, avec moins d’impact », a résumé Mme Lambert. Elle a insisté sur les nouvelles techniques (recherche variétale, nouvelles techniques de sélection des plantes, irrigation…)
Hausse des importations. En conclusion sur ce thème, celle qui est aussi présidente de la FNSEA a indiqué que la stratégie 'de la ferme à la table' n'était « pas une bonne stratégie pour l'agriculture, car elle va à l'encontre de la souveraineté alimentaire, elle va faire augmenter les importations, diminuer la production et nous allons perdre des agriculteurs ».
Commerce. Il faut insister sur le principe de réciprocité dans les accords commerciaux que l’UE signe avec les pays tiers, a indiqué Ramon Armengol. Il a rappelé que le Copa-Cogeca ne pouvait pas soutenir l’accord commercial avec les pays du Mercosur.
Mme Lambert a salué les priorités de la future Présidence française du Conseil en faveur de la 'réciprocité'.
Les ‘clauses miroirs’ (mêmes règles de part et d’autre des frontières) permettraient d’atteindre cet objectif, a-t-elle notamment relevé. Le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières pourrait aussi entrer en ligne de compte, selon la présidente du Copa. Il faudrait, d’après elle, que la production agricole « soit dans ce mécanisme pour pouvoir faire une comptabilité carbone des émissions pour les produits ».
Autre sujet important aux yeux de Mme Lambert : l’étiquetage des produits au sein de l’UE, qui devrait permettre aux consommateurs de privilégier les produits européens. Dernière priorité mise en avant par la présidente du Copa : l’autonomie de l’UE en protéines. (Lionel Changeur)