L'Union européenne est très préoccupée par le fait que la Norvège et la Russie, « sans chercher à coopérer avec les autres parties prenantes, prennent des décisions qui conduisent à une pêche non durable du stock » de cabillaud de l’Arctique, selon un communiqué publié lundi 23 août par la Commission européenne (EUROPE 12761/9).
Les scientifiques préviennent, en effet, qu'il y a de moins en moins de cabillaud dans la mer de Barents, la mer autour du nord de la Norvège et autour de l'archipel du Svalbard.
L'avis scientifique 2021, fourni de manière indépendante par le conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM), indique que la détérioration du stock de cabillaud de l’Arctique est plus rapide que prévu.
Les experts estiment que, pour protéger le cabillaud de l'Arctique, les captures devraient être réduites de 43% en 2022, conformément aux meilleurs avis scientifiques disponibles pour une gestion durable. En revanche, le plan de gestion norvégien et russe, élaboré sans la participation des parties prenantes internationales, prévoit une réduction beaucoup plus faible - de 20% seulement - et ne respecte donc pas l'avis scientifique.
La Norvège et la Russie ont choisi de s'écarter du principe du rendement maximal durable (RMD), déplore la Commission.
Plus inquiétant encore, de 2017 à 2020, les quotas de cabillaud arctique fixés par la Norvège et la Russie ont même fait fi du niveau prévu par leur plan de gestion bilatéral en fixant continuellement des quotas plus élevés.
L'UE appelle la Norvège et la Russie à coopérer à la gestion de ce stock, avec toutes les parties concernées, dans le but de convenir d'une gestion durable et non discriminatoire du cabillaud arctique.
Bien que l'UE et la Norvège aient des interprétations différentes du traité de Paris régissant la gestion des pêcheries autour de l'archipel de Svalbard, « nous avons assuré ensemble, depuis plus de 35 ans, une gestion stable de ce stock », rappelle l’UE dans le communiqué. (Lionel Changeur)