Un nouveau projet de recommandation du Conseil de l'UE a été soumis aux Vingt-sept au cours de l’été. Dévoilé par la Commission européenne jeudi 5 août, il prône le développement de « l’apprentissage mixte » – une approche visant à associer temps d’apprentissage en classe et en ligne ou, comme le résume la Commission, à combiner différents outils d'apprentissage, numériques ou non.
L'institution européenne constate que la fermeture des écoles et les restrictions dues à la pandémie de Covid-19 ont mis en évidence les capacités d'innovation des systèmes d’éducation européens et leurs lacunes. Elle met donc sur la table des suggestions visant à exploiter les unes pour pallier les autres.
L’apprentissage mixte, estime-t-elle, devrait notamment permettre d’offrir des « opportunités d’apprentissage supplémentaires », en particulier pour les apprenants en difficulté. Cet apprentissage pourrait prendre la forme de tutorats, de temps d’apprentissage supplémentaires ou encore d’accès aux bibliothèques publiques.
La Commission incite également les Vingt-sept à mettre en place un système combinant apprentissage en présentiel et à distance pour « plus de flexibilité » et des conditions d’apprentissage en classe plus « appropriées ».
À ce sujet, elle prône même la mobilisation de personnel supplémentaire « pour laisser plus de temps à l’accompagnement individuel » et demande, entre autres, d'assurer la connectivité Internet haut débit comme le soutien des chefs d’établissement dans la gestion des changements.
Quelles limites ?
Concernant l’apprentissage à distance, l’accent est mis cependant sur l'importance de tenir compte des différentes conditions socioéconomiques et de logement des élèves.
S’appuyant sur une étude consacrée à l’enseignement à distance pendant le confinement du printemps 2020, la Commission rappelle en effet que de nombreuses familles et apprenants, en particulier ceux issus de groupes défavorisés, n’avaient pas les capacités ni les ressources nécessaires pour garantir un bon apprentissage à la maison. Elle pointe, par ailleurs, les difficultés liées à la motivation ou encore à la mauvaise qualité du contenu de l’apprentissage en ligne.
Les Vingt-sept sont donc invités à soutenir les programmes et outils de perfectionnement numérique pour les enseignants et à encourager ces derniers à participer à des « projets exploratoires et à des recherches », en testant par exemple l’utilisation des technologies numériques d’apprentissage.
Le bien-être physique et mental comme priorité
Parmi les solutions avancées dans le document, la valorisation du bien-être physique revient par ailleurs à plusieurs reprises. Tant pour les apprenants et leur famille que pour les membres du personnel éducatif.
S’agissant des élèves, la Commission suggère que des orientations pour la santé mentale soient élaborées, que des « politiques de bien-être des élèves et de lutte contre le harcèlement » soient intégrées dans les objectifs des écoles, ou encore que l’accès à des professionnels de santé qualifiés en la matière soit facilité. Un point également repris pour le corps enseignant.
La Commission invite les Vingt-sept à passer « rapidement » en revue ces suggestions.
Pour consulter le projet de recommandation : https://bit.ly/3mr5AgD (Agathe Cherki)