Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a appelé, mardi 27 juillet, au nom de l’UE, au retour de la stabilité institutionnelle en Tunisie dans les meilleurs délais.
Dimanche 25 juillet, le président tunisien, Kaïs Saïed, a suspendu les activités du Parlement pour trente jours et limogé le Premier ministre, Hichem Mechichi, après une journée de manifestations dans de nombreuses villes du pays contre la gestion de la pandémie de Covid-19. Lundi, le président a limogé le ministre de la Défense.
« Nous appelons au rétablissement de la stabilité institutionnelle dans les meilleurs délais, et en particulier à la reprise de l’activité parlementaire, au respect des droits fondamentaux et à l’abstention de toute forme de violence », a souligné M. Borrell dans une déclaration au nom des Vingt-sept. Selon lui, l’ancrage démocratique du pays, le respect de l’État de droit, de la Constitution et du cadre législatif doivent être préservés tout en restant à l’écoute des volontés et aspirations du peuple tunisien.
« La préservation de la démocratie et de la stabilité du pays sont des priorités », a-t-il prévenu.
M. Borrell a expliqué que l’UE suivait avec la plus grande attention l’évolution de la situation dans le pays et continuerait à le faire. Il a aussi rappelé le « soutien considérable » de l’Union et de ses États membres à la Tunisie dans le contexte d’une « crise pandémique et économique d’envergure ». Le pays est au bord d’une catastrophe sanitaire.
La porte-parole de la Commission Ana Pisonero a rappelé que l’UE avait mobilisé 330 millions d’euros pour aider la Tunisie à lutter contre la Covid-19, dont environ 260 millions ont déjà été dépensés. L’UE a en outre approuvé une aide macrofinancière de 600 millions d’euros.
Par ailleurs, le Haut Représentant s’est entretenu, le 26 juillet, avec le ministre des Affaires étrangères tunisien. (Camille-Cerise Gessant)