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Bulletin Quotidien Europe N° 12722
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Industrie

Le PE critique le manque d’ambition et d’actions concrètes de la stratégie industrielle révisée

La vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Margrethe Vestager, a fait face à de vives critiques au Parlement européen sur le manque d'ambition de la mise à jour de la stratégie industrielle, lors d'un débat en session plénière, mardi 18 mai.

Les eurodéputés ont réitéré, en les amplifiant, les critiques formulées lors d’un précédent échange avec le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton (EUROPE 12718/16). Pour Christian Ehler (PPE, allemand), le travail n’est pas fini, l’analyse microéconomique des systèmes de la Commission ne portant que sur six secteurs sur quatorze. Surtout, il faut développer des stratégies écosystème par écosystème, a-t-il estimé.

Lutter davantage contre la concurrence déloyale

L’Italien Carlo Calenda, au nom du groupe S&D, a estimé que la stratégie révisée manquait de mesures « opérationnelles », à l’heure où le tissu industriel et économique européen est ébranlé par la pandémie de Covid-19. L’eurodéputé a regretté le manque d’« incisivité » pour lutter contre les pratiques déloyales sur le marché intérieur de l'UE.

Lui emboîtant le pas, Christophe Grudler (Renew Europe, français) a regretté que « cette communication ne soit pas plus offensive » et « ne propose pas de réformes ambitieuses des politiques structurantes, comme les règles de la concurrence ». « N’ayons pas peur de parler d’autonomie stratégique », a-t-il lancé, alors que Mme Vestager est plutôt encline à défendre le libre-échange. L’italien Marco Zanni, au nom du groupe Identité et Démocratie, a réclamé qu'il soit mis fin au « tabou » du « protectionnisme » européen face à la Chine.

Au contraire, Grzegorz Tobiszowski (CRE, polonais) a émis des réserves vis-à-vis d'une action européenne trop appuyée pour soutenir l’industrie. À long terme, selon lui, ces changements pourraient conduire à un accroissement des disparités entre les États membres.

Appel en faveur d'une CECA post-carbone

Damien Carême (Verts/ALE, français) a pointé du doigt le manque d’objectifs pour réduire les émissions polluantes du secteur industriel, déplorant une communication qui « sonne creux », qui compile des « mesures déjà prévues » et se borne à « ajouter à des rapports d’évaluation de nouveaux rapports d’évaluation ».

L’eurodéputé a fustigé le recours aux alliances industrielles, qu'il a qualifiées d'« abdication politique » au profit des intérêts industriels. La Commission devrait s’inspirer des traités de la Communauté européenne du charbon et de l'acier, pour faire naître « une Communauté européenne post-carbone », a-t-il avancé.

 Marc Botenga (belge), au nom du groupe La Gauche, a critiqué vertement l’approche de la Commission européenne, qui se réduit à un « distributeur de billets » ('cash dispenser'). De son point de vue, les grandes entreprises doivent servir le bien public. Il a aussi réclamé la levée des brevets dans le domaine des vaccins anti-Covid-19 (voir autre nouvelle).

Mme Vestager a répondu à ses reproches en lisant à voix haute un passage de la communication de la Commission (p.5) qui met en avant le rôle des entreprises pour dessiner la stratégie européenne visant à atteindre une « compétitivité durable ». L’avenir doit être déterminé par de nouvelles formes « agiles » de partenariat public-privé pour accélérer l’innovation, a-t-elle souligné. (Pascal Hansens)

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