Dans une résolution qui devait être votée le 19 mai dans la soirée, le Parlement européen souhaite que l'UE soit chef de file à la réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/sida (8-10 juin) et contribue à l'accélération des progrès pour que le sida soit éliminé en tant que menace pour la santé publique d’ici à 2030.
Pour que cette réunion onusienne débouche sur des engagements ambitieux, il demande un engagement renouvelé de l'UE dans la lutte mondiale contre le sida, avec davantage de détermination, de responsabilité et de ressources.
Il réaffirme que toute personne a le droit de jouir de la meilleure santé possible, ainsi qu’à l’égalité, propice à une vie digne. Le seul amendement à voter concerne un appel à l'UE à soutenir les demandes de l'Inde et de l'Afrique du Sud à l'OMC pour une levée temporaire des brevets sur les vaccins, équipements et traitements anti-Covid-19.
Le Parlement salue le rôle joué par l’UE dans la lutte multisectorielle contre le sida à l’échelle mondiale et invite la Commission à faire du sida une urgence mondiale de santé publique et à redoubler d’efforts pour atteindre les objectifs fixés pour 2025, notamment en augmentant les investissements en faveur de l’ONUSIDA et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.
Il insiste sur la nécessité de doter ce Fonds de moyens suffisants pour lui permettre de contribuer de manière décisive à la lutte contre le VIH/sida.
La Commission est invitée à veiller à ce que la programmation de l’instrument de voisinage, de coopération au développement et de coopération internationale (NDICI) du budget 2021-2027 de l'UE soutienne les efforts déployés par les pays partenaires pour mettre en place des systèmes de santé solides et résilients et des réglementations permettant d’assurer une couverture sanitaire universelle intégrant le VIH.
Le Parlement demande que le Service européen pour l’action extérieure, la Commission et les États membres, dans le cadre de la mise en œuvre du plan d’action de l’UE en faveur des droits de l’homme et du troisième plan d’action de l’UE sur l’égalité entre les hommes et les femmes, s’attaquent aux violations des droits de l’homme et aux inégalités entre les hommes et les femmes en luttant en priorité contre la stigmatisation et la discrimination, contre la violence sexuelle et de genre, contre la criminalisation des relations homosexuelles ainsi que contre d’autres lois et politiques répressives et discriminatoires.
Commission et États membres sont invités à collaborer avec les pays partenaires pour instaurer une éducation sexuelle complète obligatoire dans leurs programmes d’éducation nationaux afin de prévenir la propagation du sida et d’autres maladies sexuellement transmissibles, en particulier dans les pays où les taux d’infection sont les plus élevés.
La Commission est invitée à s’opposer à l’inclusion de mesures ADPIC plus dans les accords de libre-échange avec les pays en développement à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, afin que tous les traitements antirétroviraux du VIH soient abordables.
Voir le texte : https://bit.ly/3eZ84ik (Aminata Niang)