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Bulletin Quotidien Europe N° 12703
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CONSEIL DE L'EUROPE / Droits de l'homme

« 2020 a été une très mauvaise année », avertit la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe

« La pandémie a accéléré l'érosion du tissu démocratique de nos sociétés dont dépend la protection des droits de l'homme » et « un nouvel élan est nécessaire », a déclaré la Commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe lors de la présentation de son rapport annuel devant l'Assemblée parlementaire, mercredi 21 avril. 

Selon Dunja Mijatović, « 2020 a été une très mauvaise année », la crise sanitaire ayant agi comme un amplificateur de problèmes préexistants avec, au premier rang de ceux-ci, les inégalités croissantes en Europe depuis des décennies.

La situation des personnes âgées est, à ses yeux, « emblématique ». Par avance fragilisées face à la maladie, elles ont payé un tribut d'autant plus lourd qu'elles se sont retrouvées isolées par les confinements ou maintenues dans des institutions souvent inadaptées.

De manière générale, souligne la Commissaire, la crise sanitaire a mis en lumière les « problèmes structurels » qui frappent les systèmes de santé européens. Ceux-ci doivent être plus « inclusifs et résilients », affirme-t-elle, en insistant sur l'urgence d'une réforme des soins de santé mentale qui ne soit pas seulement médicale, mais également psychosociale. Il faut passer de la coercition au consentement, insiste-t-elle, s'opposant ainsi au projet de protocole additionnel à la Convention d'Oviedo sur les droits de l'homme et la biomédecine, qui pourrait entraîner davantage d'institutionnalisations et de traitements forcés. Ce modèle est « dépassé », a déclaré Mme Mijatović, en ajoutant que l'adoption de ce protocole « risque de nuire à l'image du Conseil de l'Europe ».

Revenant sur la question des violences faites aux femmes, phénomène également exacerbé par la pandémie, la Commissaire a tenu à rappeler le « signal terrible » envoyé par la Turquie en se retirant de la Convention d'Istanbul et à dénoncer les voix qui - en Pologne notamment - répandent des idées fausses sur ce texte afin de défendre « un agenda misogyne et homophobe ».

Les personnes LGBTI, les Roms, les réfugiés et les migrants ont également vu leurs droits régresser en 2020, a précisé la Commissaire, également préoccupée par les attaques - physiques, verbales ou en ligne - subies par les défenseurs des droits et les défenseurs de l'environnement dans plusieurs États membres.

Elle est revenue sur l'afrophobie, « répandue, mais non reconnue en Europe », et a évoqué sa récente mission en Ukraine en espérant avoir l'occasion de pouvoir, « avant la fin de l'année », mener une « visite pleine et entière du pays », y compris dans les zones non contrôlées par le gouvernement.

Lien vers le rapport : https://bit.ly/3vcbfIv (Véronique Leblanc)

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