Le nouveau directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, a longuement insisté, lors de la présentation de son 'Agenda 2025', mercredi 7 avril, sur le renforcement de la coopération entre l’UE et son Agence et sa volonté d'organiser un 'Sommet de l'Espace' ('Space Summit') avec les dirigeants européens des pays membres de l'ESA et de l'UE au printemps 2022.
Lors d’un point presse virtuel, le directeur général a expliqué que l’Europe dans son ensemble - s'agissant de l’UE comme de l’ESA - se devait de se mettre autour de la table des négociations pour établir une vision commune pour la politique spatiale et créer les conditions d’un « nouveau départ » dans les relations entre les deux entités.
Dans l’immédiat, l’objectif premier est de conclure les négociations de la convention-cadre de partenariat financier (FFPA). Interrogé par EUROPE, le directeur général a fait savoir qu’il avait mis une nouvelle équipe en place sous la direction d’Eric Morel de Westgaver (directeur de l’Industrie, des achats et des Services juridiques à l’ESA).
Une vingtaine de personnes travaillent actuellement « jour et nuit » à la finalisation du FFPA, un document de plusieurs centaines de pages, a rappelé le directeur général, sans donner de date pour autant. Selon une source européenne, les négociations ont plus avancé ces deux dernières semaines que ces six derniers mois. Pourtant, la question de la future Agence de l'UE pour le programme spatial (EUSPA) reste une pierre d'achoppement dans les négociations.
Répondant à un journaliste, il a expliqué que le FFPA et l’Agenda 2025 étaient certes liés, mais suffisamment « déconnectés » pour que l’ESA ait suffisamment de liberté pour définir sa vision. Le document est le résultat d’intenses consultations, y compris avec la Commission européenne, notamment avec le commissaire au Marché intérieur, Thierry Breton (EUROPE 12680/13), a-t-il rappelé.
Sur le moyen terme, comme indiqué récemment (EUROPE 12681/12), M. Aschbacher compte organiser un 'Sommet de l’espace' (‘Space Summit’) en 2022 afin de donner une impulsion politique au plus haut niveau, préférablement avec les chefs d’État ou de gouvernement. Objectif : insuffler une forte dynamique pour préparer la réunion ministérielle de l’ESA fin 2022, où sont décidées les lignes budgétaires de l’Agence pour plusieurs années.
Pour alimenter le travail de ce 'Sommet de l’espace', il propose de créer un groupe conjoint mandaté par l’ESA et la Commission européenne, mais dont les membres ne seraient pas issus des deux institutions. Il suggère en outre de s’appuyer sur le travail du Conseil spatial UE-ESA.
Les ambitions affichées sont élevées. Ainsi, M. Aschbacher veut « doubler » les dépenses dans des technologies « qui vont changer la donne », toujours en lien avec la Commission européenne. Il a ciblé toute une série de technologies critiques, dont les lanceurs européens, et souligné le profond intérêt de l'ESA pour le projet de M. Breton de créer une nouvelle constellation dédiée à la connectivité sécurisée (EUROPE 12634/9).
Pour consulter l’Agenda 2025 : https://bit.ly/3t2fzd0 (Pascal Hansens)