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Bulletin Quotidien Europe N° 12689
ACTION EXTÉRIEURE / Syrie

L'UE et la communauté internationale promettent un soutien accru à la résilience de la population syrienne et des pays voisins

La solidarité internationale était de nouveau de mise, mardi 30 mars, lors de la cinquième conférence ministérielle de Bruxelles (Bruxelles V), conviée en format virtuel par l’UE et les Nations Unies au chevet de la population syrienne et des pays voisins, hôtes des réfugiés, en contribuant financièrement à alléger les souffrances et en réitérant l’importance d’une solution politique au conflit. 

Au total, 5,3 milliards d'euros (6,4 milliards de dollars US) sous forme de dons et 5,9 milliards d'euros (7 milliards de dollars US) sous forme de prêts bonifiés ont été promis pour 2021 et au-delà, en réponse à l’appel de l’ONU pour faire face à des besoins record chiffrés à plus de 10 milliards de dollars pour la seule année 2021 (EUROPE 12688/15, 12685/17). Pour la seule année 2021, les promesses de dons s'élèvent à 3,6 milliards d'euros (4,4 milliards de dollars).

Voir les promesses de dons et leur ventilation : https://bit.ly/3swU8jT

L’UE a reconfirmé 560 millions € du budget communautaire, soit le même montant qu'en 2020. Évoquant « 12 millions de réfugiés et de déplacés, près de 13 millions de personnes nécessitant de l’aide, dont la moitié des enfants », le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, a déclaré : « L’UE a été aux côtés des Syriens et continuera de l’être aussi longtemps que nécessaire ». 

Il a aussi rendu hommage aux pays voisins « pour leur générosité ». Le Liban, la Jordanie et la Turquie accueillent à eux trois 5,5 millions de réfugiés, mais aussi l'Égypte et l'Irak. 

Éducation, protection, accès humanitaire. Au terme de dix ans de conflit, aggravé par la crise de la pandémie de Covid-19 et une crise économique dans les pays hébergeant les réfugiés, en particulier le Liban, exsangue, tous les participants ont insisté sur l’importance de continuer à fournir une aide humanitaire d'urgence et de la résilience et d'ériger en priorités l’éducation des enfants, les soins de santé, l'accès aux services de base, la protection des populations civiles et des infrastructures, l’accès humanitaire et le respect du droit humanitaire international.

La résilience suppose que « l'on se concentre sur les activités qui permettent aux populations de gagner leur vie et de se remettre sur pied », a précisé M. Lenarčič.

24 millions de personnes nécessitant une aide humanitaire ou une autre forme d'assistance, plus de 80% des Syriens vivant désormais dans la pauvreté, 12,4 millions de personnes en insécurité alimentaire, dont 1,3 million en insécurité alimentaire aigüe, 2,1 millions d'enfants privés d'école... Ces chiffres et le regret d'une « génération sacrifiée qui n'a connu que la guerre » ont été égrenés tout au long de la conférence.

« Je vous presse de faire une priorité du soutien à l'éducation des enfants en Syrie et dans la région », avait déclaré le secrétaire général adjoint aux Affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence de l'ONUMark Lowcock, à l'entame de la conférence.

« L’urgence n’est plus la priorité : chez nous, 50% des Syriens ont moins de quinze ans, ils ont besoin d’école », a renchéri le ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman al Safadi. Son pays accueille 1,3 million de réfugiés, dont 10% seulement vivent dans des camps, a-t-il souligné.

Le président libanais, Hassan Diab, a fait état de tensions entre les communautés et les réfugiés. Il a assuré de la poursuite du soutien, notamment par la fourniture d’abris, tout en soulignant qu’il ne fallait pas compter sur l’intégration locale ni sur l’installation locale des réfugiés. 

L'importance cruciale de l'accès humanitaire et la crainte que la résolution 2533 du Conseil de sécurité sur l'assistance transfrontière ne soit pas renouvelée après le 10 juillet ont été soulignées à moult reprises, notamment par le ministre turc Seda Önal.

Responsabilité collective pour mettre fin au conflit

Au-delà du soutien humanitaire et à la résilience et alors que le conflit a tristement fêté, il y a quelques jours, ses dix ans, la communauté internationale a rappelé l’importance d’une solution politique. « Cette guerre n’est pas seulement une guerre syrienne ; y mettre fin est une responsabilité collective », a souligné le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.

Si le pays fait face à un semblant de calme, « la tension militaire est forte et fréquente », selon l’envoyé spécial de l’ONU, Geir Pedersen, et les infrastructures hospitalières et civiles continuent d’être les cibles d’attaques alors que des armées étrangères et des organisations terroristes sont toujours présentes. Depuis le début du conflit, plus de 450 000 Syriens ont été tués et 100 000 autres auraient disparu.

« Avancer vers un cessez-le-feu national reste plus urgent que jamais », a ainsi estimé M. Pedersen.

 « Le conflit est loin d'être fini », a déploré le Haut Représentant, soulignant qu'en parallèle, les négociations pour une solution politique étaient « proches d’un arrêt ».

Il a appelé à avancer vers une solution politique durable. « Les Syriens doivent décider de l’avenir de la Syrie, cela n’appartient à aucune des factions ni aucune des puissances extérieures. Il appartient aux Syriens de façonner la Syrie dans des négociations menées et dirigées par eux-mêmes, sous les auspices des Nations unies », a rappelé M. Borrell. Il a appelé le régime syrien à avancer dans cette direction, à s’engager de manière « significative » dans les négociations, ajoutant que cela s’appliquait aussi aux soutiens du régime.

Actuellement, « le régime n’offre aucun avenir pour la population syrienne, il ne contribue d'aucune façon à la stabilité de la région. À moins que cela ne change, il ne peut pas être un partenaire pour l’UE ou la communauté internationale », a prévenu M. Borrell.

Mais si le régime faisait un effort, la communauté internationale en ferait de même, a expliqué le Haut Représentant.

Selon lui, si ce régime et ses alliés mettaient en œuvre la résolution 2254, la communauté internationale pourrait restaurer les investissements et le commerce réguliers, normaliser les relations diplomatiques ou encore reconstruire les infrastructures, l’économie et la société syriennes.

Le Haut Représentant a également rappelé que la reddition des comptes était un point essentiel pour une paix durable et une réconciliation. 

« Nous n’abandonnerons pas » la Syrie, a-t-il promis. (Aminata Niang et Camille-Cerise Gessant)

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