Les dirigeants du G7 se sont engagés, vendredi 19 février, à coopérer pour « venir à bout de la Covid-19 » et « reconstruire en mieux » le monde d'après. Engagement a été pris aussi de « faire de 2021 un tournant pour le multilatéralisme et pour façonner une reprise qui favorise la santé et la prospérité de nos populations et de notre planète ».
Pari aisément tenu pour le Premier ministre britannique, Boris Johnson, qui a présidé la visioconférence dominée par la réponse à la pandémie de Covid-19 et la relance mondiale (EUROPE 12661/3).
Dans ce contexte, les participants se sont engagés à renforcer leur soutien à l'initiative COVAX, pilotée par l'OMS, GAVI (l'Alliance du vaccin) et CEPI (Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies), afin de garantir un accès juste et équitable aux vaccins anti-Covid-19 pour 92 pays à faibles et moyens revenus.
« Nous réaffirmons notre soutien à tous les piliers de l'accélérateur d'accès aux outils Covid-19 (ACT-A), à son initiative COVAX et à un accès abordable et équitable aux vaccins, aux produits thérapeutiques et aux diagnostics, reflétant le rôle de la vaccination généralisée en tant que bien public mondial », peut-on lire dans la déclaration finale.
4 milliards de dollars US supplémentaires ont été promis à ACT-A et COVAX, portant à 7 milliards et demi le soutien collectif du G7.
Par la voix d'Ursula von der Leyen, l'UE a annoncé le doublement de sa contribution à COVAX, en la portant à 1 milliard €. « Les livraisons commenceront bientôt. C'est un véritable moment de solidarité mondiale », a commenté la présidente de la Commission.
En outre, l'UE a promis 100 millions € d'aide humanitaire pour soutenir le déploiement de campagnes de vaccination en Afrique, qui seront menées sous l'égide des centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Ce montant sera subordonné à l'accord de l'autorité budgétaire (Parlement européen et Conseil).
Boris Johnson s'était déjà engagé à ce que son pays offre des vaccins excédentaires à COVAX pour soutenir les pays en développement.
Au niveau de l'UE, « les discussions avancent avec les États membres et avec les fournisseurs » pour concrétiser le partage des vaccins proposé par la Commission européenne, dans le cadre d'un mécanisme européen et via COVAX, a indiqué vendredi une porte-parole de la Commission.
Interrogée sur l'idée du président français, Emmanuel Macron, énoncée dans le Financial Times, d'un partage de 3% à 5% des vaccins de l'UE et des États-Unis pour un acheminement rapide en Afrique, elle a précisé que le partage d'un pourcentage de vaccins « est l'une des idées évoquées par la Commission. Mais c'est aux États membres de voir ce qu'ils veulent faire, sur une base volontaire ».
La BEI, qui a déjà mobilisé 400 millions € de prêts en décembre 2020 (EUROPE 12624/38), « est prête à apporter un soutien supplémentaire à COVAX et à augmenter l'aide de 500 millions € que 'Team Europe' a signée il y a deux mois», selon le président de la BEI, Werner Hoyer.
L'ONG ONE a publié vendredi une analyse montrant que l'UE, l'Australie, le Canada, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis ont déjà obtenu un total de plus de 3 milliards de doses de vaccins approuvés, soit près d'un milliard de plus que les 2,06 milliards nécessaires pour administrer deux doses à l'ensemble de leur population. À ce jour, le reste du monde n'a pu obtenir que 2,5 milliards de doses et 130 pays n'ont pas reçu une seule dose.
En matière de préparation aux pandémies, les dirigeants du G7 comptent travailler avec l'OMS, le G20 et d'autres parties pour renforcer l'architecture mondiale de la santé en renforçant l'approche 'One health' et la couverture sanitaire universelle. L'intérêt potentiel d'un traité mondial sur la santé, proposé par le président du Conseil européen, Charles Michel, sera exploré.
Voir la déclaration finale des dirigeants du G7 (en anglais) : http://bit.ly/3uhu5OK (Aminata Niang)