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Bulletin Quotidien Europe N° 12662
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ACTION EXTÉRIEURE / Iran

Le groupe 'E3' et les États-Unis dénoncent la décision iranienne de restreindre les contrôles de l’AIEA

Les ministres des Affaires étrangères allemand, britannique et français (E3) et le Secrétaire d’État américain ont mis l’Iran en garde, jeudi 18 février, contre sa décision de restreindre, à partir du 21 février, l’accès des inspecteurs de l’Agence internationale à l’énergie atomique (AIEA) à des installations non nucléaires, si les États Unis ne lèvent pas leurs sanctions.

Les inspecteurs ne pourraient plus vérifier des sites militaires suspectés d’abriter des activités nucléaires.

L’Iran ne devrait « prendre aucune mesure supplémentaire, en particulier concernant la suspension du Protocole additionnel et la limitation des activités de vérification menées par l’AIEA en Iran », soulignent les ministres et le secrétaire d’État dans un communiqué à l’issue d’une visioconférence entre les responsables européens et américains. « Toute décision visant à limiter l’accès de l’Agence serait dangereuse », estiment-ils, appelant Téhéran à prendre en considération les conséquences d’une mesure « aussi grave », en particulier dans ce moment « d’opportunité » pour un retour de la partie américaine à la diplomatie.

Les Européens et l’Américain expliquent aussi leur préoccupation concernant les mesures prises récemment par l’Iran pour produire de l’uranium enrichi à 20% et de l’uranium métallique. « Ces activités n’ont aucune application civile crédible. La production d’uranium métallique est une étape clé dans le développement d’une arme nucléaire », préviennent-ils. Les ministres et le secrétaire d’État affirment que leur « objectif commun » est de voir l’Iran revenir au plein respect de ses engagements au titre du l’accord.

Selon la déclaration, le Secrétaire d’État américain a rappelé, lors de leur rencontre, la position de l’administration Biden : si l’Iran revient au strict respect de ses engagements au titre du Plan d'action global commun (JCPOA), les États-Unis feront de même. Et ils sont prêts à entamer des discussions avec l’Iran afin d’y parvenir.

Les ministres affirment également leur grand intérêt pour la poursuite de leurs consultations et de leur concertation, y compris avec la Chine et la Russie, sur l’accord nucléaire. Via Twitter, le directeur politique du Service européen pour l’action extérieure, Enrique Mora, s’est dit prêt à inviter les participants au JCPOA et aux États-Unis à une réunion informelle pour discuter de la voie à suivre. « Le JCPOA est à un moment critique », a-t-il prévenu. Un haut fonctionnaire européen a cependant précisé, le 19 février, que, pour le moment, aucune invitation formelle n'avait été lancée, précisant que l'UE était en contact avec les différents partenaires pour voir si une telle rencontre était possible. 

Charles Michel souligne son attachement au JCPOA

Le président du Conseil européen, pour sa part, s’est entretenu au téléphone avec le président iranien, Hassan Rohani, jeudi 18 février. Soulignant l’importance que l'UE attache à la mise en œuvre intégrale du JCPOA, M. Michel, dans un communiqué, s’est dit préoccupé par les actions iraniennes en contradiction avec les engagements pris et a rappelé l’importance de poursuivre la coopération avec l'Agence internationale de l'énergie atomique. Selon lui, la préservation d'un espace diplomatique, étayée par des mesures positives, est cruciale à ce stade.

Pour l’Iran, l’UE doit respecter ses engagements.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, a rejeté la faute sur l’UE. « Au lieu d'utiliser des sophismes et de faire porter le fardeau à l'Iran, l'UE doit respecter ses propres engagements et exiger la fin de l'héritage de Trump, à savoir le terrorisme économique contre l'Iran », a-t-il expliqué sur Twitter. Selon lui, les mesures « correctives » de l’Iran sont une réponse aux violations de l’accord par l’E3 et les États-Unis. « Supprimez la cause, si vous craignez l'effet. Nous ferons suivre l'action par de l'action », a-t-il prévenu.

Le nucléaire iranien devrait être rapidement évoqué lors du Conseil des Affaires étrangères du 22 février (voir autre nouvelle).

Voir la déclaration : http://bit.ly/3udqe5m  (Camille-Cerise Gessant)

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