La controverse entourant la nomination, en juillet dernier, de José Guerra en tant que procureur européen portugais est venue éclabousser le Portugal alors que le pays vient tout juste de prendre les rênes du Conseil de l’UE pour les six prochains mois.
Plusieurs médias locaux ont en effet rapporté que, dans une lettre envoyée au Conseil de l’UE, le gouvernement portugais aurait présenté de fausses informations sur le curriculum vitae de M. Guerra afin de favoriser ce candidat tandis que le comité de sélection des membres du Parquet européen avait estimé qu'Ana Carla Almeida était la meilleure candidate pour le poste.
Le scandale a encore pris de l’ampleur avec la démission, lundi 4 janvier, de Miguel Romão, un haut fonctionnaire du ministère de la Justice et l'appel à la démission de la ministre de la Justice, Francisca Van Dunem, par l'opposition.
De son côté, le ministère portugais de la Justice a admis que des erreurs avaient été commises, mais a assuré qu'elles n'avaient pas été déterminantes dans la nomination de M. Guerra, rapportent les journaux locaux.
En octobre dernier, un groupe d’eurodéputés avait demandé au Conseil de l’UE de faire la lumière sur les raisons qui l’ont poussé à s'écarter du choix du comité de sélection pour les candidats belges, bulgares et portugais et pourquoi il a choisi de ne pas les divulguer (EUROPE 12578/5).
« Bien que le Conseil ne soit pas juridiquement lié par le classement du comité indépendant, une telle action peut susciter des inquiétudes quant aux pressions politiques exercées par les gouvernements nationaux sur le processus de sélection », avaient-ils alors expliqué. (Marion Fontana)