C'est un énième rebondissement dans la saga du conflit Airbus/Boeing. Le bureau du représentant américain au Commerce a annoncé imposer des droits de douane supplémentaires sur des produits européens le 30 décembre 2020. Ils concernent des pièces détachées aéronautiques, des vins non pétillants et des cognacs. Ils entreront en vigueur le 12 janvier. Cette décision intervient après les mesures de rétorsion européennes prises en novembre (EUROPE 12598/3).
L'UE avait obtenu le feu vert de l'OMC pour mettre en place des droits de douane supplémentaires à hauteur de 4 milliards de dollars (soit 3,4 milliards d'euros) dans le cadre du litige sur les aides d'État accordées à Boeing.
L'administration américaine accuse l'UE de tricher sur la méthode de calcul pour évaluer les produits touchés par les tarifs douaniers et de viser un volume plus large. Dans une notice explicative, le bureau du représentant américain au Commerce affirme avoir essuyé un refus de l'UE concernant le règlement de ce problème.
La Commission européenne, quant à elle, dénonce une « décision unilatérale » et une « volonté d'escalade » dans le conflit de la part des États-Unis. Les ministres français de l'Économie, de l'Agriculture, du Commerce et des Transports, Bruno Le Maire, Julien Denormandie, Franck Riester et Jean-Baptiste Djebbari, ont déclaré dans un communiqué commun que cette nouvelle liste de produits sujets aux sanctions conduirait les États-Unis à dépasser le montant de 7,5 milliards de dollars autorisé par l'OMC en 2019.
Du côté du Parlement européen, le président de la commission du commerce, Bernd Lange (S&D, allemand) réclame des contre-mesures de la part de l'UE. Pour l'eurodéputée française Anne Sander (PPE), « la Commission européenne devrait étudier la mise en place d'un fonds de compensation des pertes subies par les secteurs agricoles », tel qu'exposé dans une résolution adoptée par le PE en novembre 2019. Elle demande également à la Commission européenne de faire un point sur la situation, dans les prochaines semaines, devant la commission de l'agriculture du PE. (Léa Marchal)