La commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, s’est rendue aux Canaries (Espagne), vendredi 6 novembre, pour débattre avec les responsables locaux et le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska Gómez, de l'augmentation récente des arrivées irrégulières de migrants depuis l’Afrique du Nord, notamment du Maroc et de l'Afrique subsaharienne.
La commissaire a proposé l’aide de l’institution pour faire face à ces arrivées observées surtout ces « dernières semaines » et devait visiter dans la journée des centres de réception.
Depuis le début de l’année, « 12 000 personnes » sont arrivées de manière irrégulière dans ces îles espagnoles, « ce qui est beaucoup », a-t-elle commenté, ajoutant que la plupart de ces personnes ne peuvent pas prétendre à la protection et doivent faire l’objet d’un retour dans leurs pays.
La commissaire a aussi rappelé les enjeux du 'Pacte sur l’asile et la migration' présenté le 23 septembre, qui doit aider les États membres à gérer les migrations et à montrer la solidarité de l’UE envers les pays sous pression.
Insistant largement sur les partenariats à nouer avec les pays tiers et les actions de coopération comme celles que la Commission co-finance, par exemple, en Gambie avec les polices espagnoles et allemandes, Mme Johansson a dénoncé les activités des réseaux de passeurs qui opèrent « à une échelle quasi industrielle » et laissent les gens trouver la mort en mer.
L’immigration irrégulière étant de la responsabilité de tous les États membres, la Commission est prête à étudier toute mesure de soutien dont aurait besoin la communauté des Canaries, a ajouté la commissaire.
Le 'Pacte' à l'ordre du jour des ministres
Le sujet du 'Pacte sur l’asile et la migration' sera abordé par les ministres de l’Intérieur le 13 novembre, lors de leur réunion informelle en vidéoconférence. L’idée de la Présidence allemande du Conseil de l'UE est d’avancer sur des éléments communs de compréhension du Pacte et des principes fondamentaux comme la dimension extérieure, les phases d’entrée sur le territoire de l’UE avec les contrôles préalables, les moyens d’améliorer les retours ou encore la migration légale et l’intégration, selon une source diplomatique, Berlin espérant un accord politique sur ces grands principes le 4 décembre lors du Conseil 'Affaires intérieures'.
Les ambassadeurs nationaux auprès de l’UE, réunis au Coreper, en ont débattu le 6 novembre (EUROPE 12594/7). La discussion a abordé tous les sujets - la dimension extérieure, les retours, la solidarité -, mais sans entrer dans les détails, a relaté une source. Plusieurs États membres ont laissé entendre qu’il fallait encore faire avancer le travail au niveau technique, certains d’entre eux ne souhaitant pas non plus s’engager tout de suite sur la solidarité obligatoire sans savoir dans quelle mesure la responsabilité (par exemple les nouveaux contrôles préliminaires aux frontières extérieures) fonctionnera dans les pays de première entrée.
Tous les États membres sont toutefois ouverts à la discussion, a repris cette source, mais souhaitent mieux connaître les paramètres d’une réforme qui comprend beaucoup de nouveaux textes qui sont, pour certains États membres, tous liés les uns aux autres.
La Présidence allemande du Conseil de l’UE pourrait décider d'une autre discussion au Coreper du 11 novembre ou bien attendre la réunion en vidéoconférence des ministres. (Solenn Paulic)