Le Comité économique et social européen (CESE) a, à son tour, mis en doute, mercredi 29 juillet, la capacité des États membres de l'UE à mener à bien la réalisation du tronçon central du Réseau transeuropéen de transport (RTE-T) comme prévu, à l’horizon 2030 (EUROPE 12472/15).
Le CESE a adopté, à l'occasion de sa session plénière du mois de juillet, un rapport d'information sur l'évaluation des orientations 2013-2020 du RTE-T (https://bit.ly/3jTk4Cc ) identifiant diverses difficultés.
Cette évaluation, réalisée à la demande de la Commission, portait sur les objectifs et résultats du RTE-T. Cinq grandes missions d'enquête ont été menées dans ce cadre par le Comité, en Italie, en Pologne, en Roumanie, en Suède et en Autriche.
Priorités nationales. Premier obstacle à l’achèvement du RTE-T pointé du doigt par le CESE : les évolutions des priorités politiques des différents États.
Bien que ces derniers aient signé des accords internationaux les engageant à construire une infrastructure de transport, l’arrivée au pouvoir de nouveaux gouvernements - dont les priorités sont ailleurs - met à mal les engagements pris précédemment.
Cet écueil avait également été mis au jour dans le dernier rapport sur le RTE-T de la Cour des comptes européenne (EUROPE 12507/18), qui soulignait par ailleurs que les projets d'infrastructures transfrontalières n'étaient pas toujours soutenus avec la même intensité par tous les États membres concernés.
Société civile. L'opposition des citoyens et de certaines parties prenantes est également présentée comme un obstacle majeur.
Le Comité souligne sur ce point que les politiques du RTE-T soulèvent d’importantes questions sociales et économiques et qu'une mise en œuvre appropriée des projets ne peut donc se faire sans que les organisations de la société civile soient impliquées et consultées.
« Lorsque cela a été fait, à un stade précoce, avec de vastes campagnes d'information, les projets avancent assez bien, tandis que lorsque cela n'a pas été fait, il y a une forte résistance de la part de certaines parties de la population », a assuré Alberto Mazzola (italien), chargé du rapport d'information sur l'évaluation du CESE, lors de la session plénière.
Enfin, l'organisation déplore que plusieurs pays aient sous-estimé l’importance de la maintenance. Pour y remédier, elle demande que des plans nationaux d'urgence pour le financement de la maintenance soient élaborés et estime qu'un « plan européen de surveillance du réseau central serait approprié ». (Agathe Cherki)