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Bulletin Quotidien Europe N° 12537
RÉPONSE EUROPÉENNE À LA COVID-19 / Banques

La BCE prolonge jusqu’en janvier 2021 sa recommandation aux banques de ne pas verser de dividendes

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé, mardi 28 juillet, sa décision de prolonger de trois mois, donc jusqu'à janvier 2021, sa recommandation aux banques de ne pas verser de dividendes ni de procéder à des rachats d’actions.

Initialement émise au mois de mars (EUROPE 12461/14), cette recommandation reste « temporaire et exceptionnelle » et « vise à préserver la capacité des banques à absorber des pertes et à soutenir l’économie dans cet environnement caractérisé par une incertitude exceptionnelle », assure la BCE.

La BCE demande par ailleurs aux banques de se montrer « extrêmement modérées » s’agissant des versements des rémunérations variables, par exemple en réduisant le montant global de la rémunération variable.

« Nous préférons être prudents aujourd'hui plutôt que d'avoir des regrets demain, si les conditions économiques générales devaient se détériorer davantage », a déclaré Andrea Enria, le président du conseil de surveillance prudentielle de la BCE. L'institut monétaire réexaminera sa décision, au quatrième trimestre 2020.

Retour progressif à la normale

La BCE commence déjà à préparer le « retour à la normale ». Elle a ainsi annoncé qu'elle ne demandera pas aux banques de commencer à reconstituer leurs coussins de fonds propres avant que le pic de la diminution des fonds propres ne soit atteint, ce qui devrait intervenir en 2022. Le calendrier exact sera décidé après le test de résistance qui sera conduit en 2021 à l’échelle de l’UE, au cas par cas en fonction de la situation spécifique de chaque banque, a-t-elle précisé.

La BCE s'engage par ailleurs à autoriser les banques à exercer leur activité en deçà du niveau de fonds propres défini par la 'Pillar 2 guidance' (P2G) et de la combinaison des exigences de coussins de fonds propres au moins jusqu’à fin 2022, ainsi qu’en deçà du ratio de liquidité à court terme (LCR) jusqu’à fin 2021, sans déclencher de mesures prudentielles de manière automatique (EUROPE 12445/1).

En revanche, elle ne prévoit pas de prolonger les mesures d’allègement des contraintes opérationnelles valables pour six mois qu’elle avait accordées aux banques en mars 2020, sauf pour les banques ayant un niveau élevé de prêts non performants (‘non performing loans’ ou NPL).

Ces banques bénéficieront de six mois de plus pour soumettre leurs plans de réduction des NPL, a indiqué la BCE, afin de leur laisser un délai supplémentaire pour mieux estimer l’impact de la pandémie sur la qualité des actifs.

Voir la recommandation actualisée : https://bit.ly/2X4W5Gz

Le secteur bancaire résiste

Le même jour, la BCE a publié les résultats agrégés de sa toute première évaluation des vulnérabilités potentielles du secteur bancaire de la zone euro face au choc provoqué par la Covid-19. L'exercice, basé sur des données de fin 2019, a évalué comment le choc économique affecterait 86 banques de la zone euro, à un horizon de trois ans.

« Globalement, les résultats montrent que le secteur bancaire de la zone euro peut résister aux tensions causées par la pandémie, mais que, si la situation se détériore, la diminution des fonds propres des banques sera significative », indique la BCE.

Dans le scénario central, qui prévoit une grave récession, le ratio moyen de fonds propres de base de catégorie 1 (CET1) des banques diminue de 1,9 point de pourcentage seulement, à 12,6% au lieu de 14,5%. Dans le scénario sévère, en revanche, le ratio CET1 moyen des banques perd 5,7 points de pourcentage pour s'établir à 8,8%, au lieu de 14,5%.

Alors que, dans le scénario central, les banques pourraient continuer de remplir leur rôle de financement de l'économie, dans le scénario sévère, elles auraient besoin de prendre des mesures pour pouvoir continuer à respecter leurs exigences minimales de fonds propres, souligne la BCE, même si, « globalement, l'insuffisance de fonds propres resterait contenue ».

Voir l’analyse : https://bit.ly/3jHlWy5  (Marion Fontana)

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