Les sept présidents de l’intergroupe du Parlement européen consacré à la diversité et à la lutte contre le racisme (ARDI) se sont félicités de l’entretien mené par vidéoconférence, mardi 28 juillet, avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
« C’est tout nouveau : j'en suis à mon troisième mandat au Parlement européen et c’est la première fois qu’un président de la Commission porte lui-même le dialogue avec notre intergroupe et s’engage sur cette question », a indiqué à EUROPE Younous Omarjee (GUE/NGL, français), coprésident de l’ARDI. « Cette réunion est un acte politique et je le vois comme un signal très fort » s'est-il félicité.
Plusieurs présidents de l’intergroupe ont également salué, dans un communiqué, l’engagement de Mme von der Leyen à traiter les problèmes de racisme et de discrimination ainsi que sa volonté d’impliquer l’ARDI dans cette démarche.
Plan d'action
Cette réunion a, en effet, été l'occasion pour les présidents de faire part à Ursula von der Leyen de leurs propositions au sujet du plan d’action contre le racisme et la xénophobie promis par la Commission (EUROPE 12513/12).
« La présidente tenait à avoir un premier échange avec nous avant la pause estivale », a détaillé Younous Omarjee, assurant qu'un travail « permanent » était par ailleurs mené à ce sujet avec la commissaire à l'Égalité, Helena Dalli.
Pierrette Herzberger-Fofana (Verts/ALE, allemande) a précisé, à l’issue de la réunion, avoir apprécié que « la Présidente prenne en compte l’idée d’avoir un coordinateur unique pour la lutte contre le racisme ».
Mónica Silvana González (S&D, espagnole), quant à elle, a assuré avoir soulevé le problème de l’absence de progrès, au Conseil, sur la directive sur l'égalité de traitement et la non-discrimination, bloquée depuis 12 ans.
Peter Pollak (PPE, slovaque) et Romeo Franz (Verts/ALE, allemand), eux, ont notamment mis l’accent sur la lutte contre l’antitsiganisme.
Rôle des institutions
« Pour ma part, j’ai rappelé que les institutions européennes demeurent le rempart contre les discriminations et le racisme - un combat inséparable de celui contre le retour des nationalismes », a précisé M. Omarjee.
La présidente, quant à elle, a réaffirmé que la lutte contre la discrimination devrait être transversale et se décliner dans l'ensemble des décisions prises par sa Commission.
Par ailleurs, elle a à nouveau déploré l’absence de diversité au sein des institutions européennes et souligné que le changement devait être initié à ce niveau-là (EUROPE 12508/11). Sans quoi « les bonnes questions ne seront jamais soulevées ou écoutées », a insisté Samira Rafaela (Renew Europe, néerlandaise), coprésidente de l’ARDI.
L'intergroupe entend poursuivre son travail sur le plan d'action et n'exclut pas d'être à nouveau entendu par Mme von der Leyen.
« Là où la Commission a besoin de nous, c’est aussi dans la négociation qui va s’ouvrir sur le cadre financier pluriannuel », a enfin souligné M. Omarjee, constatant que beaucoup de points soulevés ce jour « renvoient évidemment à des questions d’ordre budgétaire ». (Agathe Cherki)