Redoutant que le Conseil de l'Organisation internationale de l'aviation civile (OACI) ne soit mis sous pression par les compagnies aériennes pour affaiblir le système CORSIA, cette mesure de marché mondiale, l'ONG Environmental Defense Fund (EDF) a lancé un appel, vendredi 13 mars, pour que l'OACI résiste à recourir à l'alibi du Covid-19 et écoute plutôt ses conseillers techniques, dans l'intérêt du climat (EUROPE B12434A24).
À l'appui de cet appel : une nouvelle étude de l'ONG, selon laquelle la quantité de crédits qui seraient mis à la disposition des compagnies aériennes dans le cadre de CORSIA - un système de compensation visant à s'attaquer aux émissions du transport aérien mondial - serait encore de 2,5 à 3,5 fois la quantité dont celles-ci ont besoin pour les trois premières années du programme.
« En défendant CORSIA avec intégrité, les compagnies aériennes disposeront d'une offre abondante de crédits post-2016, même en tenant compte des effets les plus prononcés du coronavirus », affirme la conseillère internationale d'EDF, Annie Petsonk, dans un communiqué
Selon elle, « le coronavirus/Covid-19 est une crise sanitaire mondiale et les compagnies aériennes du monde entier sont confrontées à de réelles menaces économiques et structurelles. Mais l'action des Nations unies en faveur du climat ne fait pas partie de ces menaces ».
Et pour cause : « il y aura beaucoup de crédits de haute qualité disponibles pour aider les compagnies aériennes à respecter leurs limites de carbone dans les premières années de CORSIA ». En outre, « grâce à la prévoyance de l’OACI, CORSIA comprend des dispositions qui donnent aux compagnies aériennes la flexibilité nécessaire pour faire face à la crise du Covid-19 sans pour autant sacrifier la protection du climat ». (Aminata Niang)