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Bulletin Quotidien Europe N° 12443
POLITIQUES SECTORIELLES / Migration

L'UE et la Turquie vont remettre l'accord de 2016 à plat et identifier ses manquements

Les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, Charles Michel et Ursula von der Leyen, ne sont pas parvenus, lundi 9 mars à Bruxelles, à renouveler les termes de leur coopération avec le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, sur la lutte contre l’immigration irrégulière, mais ont lancé un processus de dialogue et vont recenser tout ce qui marche et ce qui « manque » dans cet accord de 2016, ont indiqué les deux responsables.

Josep Borrell, le Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, sera ainsi chargé d’animer un groupe de travail visant à évaluer les besoins et les dysfonctionnements de la Déclaration UE/Turquie avec ses homologues turcs.

Il s’agira, comme l’a dit Charles Michel, de s’assurer « que nous sommes sur la même ligne » et que l’interprétation de la Déclaration de 2016 est la même des deux côtés.

Parmi les dysfonctionnements connus : - l’enveloppe de 6 milliards d’euros en soutien des réfugiés syriens sur le sol turc pas encore intégralement déboursée (seulement 3,7 milliards ont été concrètement dépensés à ce jour) ; - le dossier gelé de la libéralisation des visas pour les citoyens turcs, qui faisait également partie de l’accord de 2016.

La discussion « ouverte et constructive d’aujourd’hui est un bon point de départ d’un processus qui a d’abord comme objectif le soutien aux migrants et la stabilité dans la région », a ainsi commenté la présidente de la Commission, lors d’une conférence de presse. Elle a jugé positif que « la ligne de communication avec Ankara reste ouverte ».

« Clairement, nous avons nos désaccords, mais nous en avons parlé ouvertement ; c’était constructif », a-t-elle ajouté.

À ses côtés, le président du Conseil européen a salué « l’occasion d’échanger nos différents points de vue ». « En particulier, on a eu l'occasion de montrer de quelle manière l'UE a mis en œuvre des engagements financiers, la promesse de mobiliser au total 6 milliards d'euros afin de venir en soutien aux réfugiés qui se situent en Turquie. Et c'est l'occasion aussi de reconnaître la responsabilité qui a été prise par la Turquie quant à cette prise en charge de migrants sur le sol turc », a déclaré Charles Michel.

« Nous avons eu l'occasion d'expliquer aussi la différence pour l'Union européenne entre les moyens qui sont payés et déboursés, parce que les procédures sont accomplies et les projets réalisés, et les moyens qui sont engagés, c'est à dire réservés dans le cas de l'enveloppe de 6 milliards d'euros qui a été mobilisée en lien avec cet accord », a-t-il ajouté.

Accord attendu par Ankara avant le 26 mars

Ne précisant pas si le président turc leur avait garanti qu’il empêcherait désormais les migrants et réfugiés d’aller vers la Grèce, le président du Conseil européen a juste rappelé que les deux dirigeants avaient insisté auprès de M. Erdogan sur la nécessité de mettre en œuvre ce Pacte de 2016.

La présidente de la Commission a confirmé de son côté que tous les éléments de la Déclaration de 2016 avaient été mis sur la table, y compris le dossier gelé de la libéralisation des visas pour les citoyens turcs. Promise en 2016, elle n’avait pas vu le jour en raison d’une législation antiterroriste turque jugée non conforme aux critères européens. Ankara n’avait donc pas pu, selon l’UE, cocher les 72 cases nécessaires pour qu’une recommandation de libéralisation soit proposée au Conseil.

De son côté, le 10 mars, le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Çavuşoğlu, a estimé que cette Déclaration de mars 2016 devait être « mise à jour » et que la libéralisation des visas ainsi que la modernisation de l’union douanière UE-Turquie devaient être mises en œuvre. Il a dit attendre un accord avec l'UE d'ici au 26 mars, selon l'AFP, date d'un Sommet européen. 

Interrogée sur les dates d’une nouvelle rencontre ou le lancement des travaux confiés à Josep Borrell, la Commission n’a pas encore fourni de précisions, aucune date n'étant encore définie, a-t-elle indiqué le 10 mars. (Solenn Paulic)

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