Les ambitions actuelles concernant l’utilisation des biocarburants devraient entraîner une augmentation massive de la demande d’huile de palme et de soja d’ici 2030, renforçant la déforestation et entraînant ainsi une hausse significative des émissions de CO2, alerte un rapport publié mardi 10 mars par la Rainforest Foundation Norway, une fondation active dans le domaine de la protection des forêts tropicales.
Le rapport indique que, du fait du développement des biocarburants, la demande totale d’huile de palme pourrait augmenter de 61 millions de tonnes d’ici 2030 et celle de soja de 41 millions de tonnes, soit une hausse de respectivement 90% et 75% de la production actuelle.
Selon Chris Malins, auteur de l’étude, cette augmentation entraînerait une déforestation d’environ 7 millions d’hectares et partant, une hausse des émissions mondiales de CO2 estimée à 11,5 milliards de tonnes, soit plus que les émissions annuelles actuelles de la Chine dues à la combustion de combustibles fossiles.
« L’UE et les États-Unis ont introduit des mesures pour éviter les biocarburants à base d’huile de palme en raison du risque élevé de déforestation, mais la demande mondiale de biocarburants à haut risque de déforestation continue d’augmenter », a déploré M. Malins.
Son collègue Nils Hermann Ranum, pour sa part, a exhorté les décideurs politiques et les industries du monde entier à « mettre fin à l’utilisation de matières premières à haut risque de déforestation pour les biocarburants, comme l’huile de palme et le soja ».
Voir le rapport : http://bit.ly/2QiFYC3 (Damien Genicot)