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Bulletin Quotidien Europe N° 12443
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Le PE veut aussi une protection des migrants et réfugiés, pas seulement une protection des frontières de l'UE

Un certain nombre d’eurodéputés ont demandé, mardi 10 mars, aux États membres de l'UE de faire preuve de solidarité avec les migrants et réfugiés présents à la fois à la frontière gréco-turque et dans les îles grecques.

Alors que des voix discordantes se faisaient aussi entendre dans l’hémicycle lors de ce débat consacré à la crise gréco-turque déclenchée fin février, en particulier dans les rangs de l’extrême droite, ces élus, issus des Verts/ALE, mais aussi du S&D, de la GUE/NGL ou de Renew Europe, ont appelé les Vingt-sept à accueillir ces personnes et à finaliser le système d’asile commun européen.

Un régime d’asile pour lequel les chefs d’État « n’ont rien fait ces quatre dernières années », a déploré la Néerlandaise Sophie in’t Veld (Renew Europe). « Et maintenant, acculés par (Recep Tayyip) Erdogan, ils versent des larmes de crocodile », a dénoncé la libérale, qui a appelé l’UE à profiter de cette crise « pour être meilleurs », à la fois en relocalisant ces personnes et en renégociant un accord avec le président turc qui soit contrôlé « par le droit européen et le PE ».

Alors que 20 000 personnes seraient à la frontière entre la Grèce et la Turquie et que près de 40 000 personnes se trouvent déjà dans les îles grecques, des groupes politiques comme celui de Tineke Strik (Verts/ALE, néerlandaise) ont aussi exhorté les Vingt-sept à relocaliser ces personnes entre les États membres, « si l’on veut faire une politique sérieuse ».

La députée a déploré le fait que l’UE « cherche à défendre ses frontières » plutôt que de se demander comment « protéger nos réfugiés à nos frontières et dans nos îles ».

La présidente du groupe S&D, l’Espagnole Iratxe García, quant à elle, a appelé les députés à ne pas faire de récupération politique de la situation et à s’occuper des réfugiés, des personnes « vulnérables » en quête d’une solution.

Elle réagissait notamment aux propos de Manfred Weber, le chef de file du PPE, qui a estimé que le gouvernement grec de Kyriákos Mitsotákis (PPE) gérait désormais bien les frontières grecques, contrairement au gouvernement d’Alexis Tsipras (GUE/NGL).

Intervenue au début de ce débat, la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, a souligné que la situation était « grave » et « urgente ».

L’UE doit « protéger ses frontières extérieures, c’est essentiel, mais il est tout aussi essentiel de défendre les valeurs, dont le droit à l’asile », a réagi la responsable, alors qu’Athènes a suspendu pour un mois les dépôts de demandes d’asile. Et il est « possible de faire les deux ».

Elle est revenue sur la problématique des jeunes mineurs migrants dans les îles grecques, dont la moitié ont « moins de 14 ans ». « Beaucoup de jeunes disparaissent » et tombent dans les réseaux criminels, parfois d’exploitation sexuelle.

« Je lance un appel à tous les États membres » pour les accueillir, a exhorté la commissaire alors qu’à ce stade, cinq États membres se sont engagés à accueillir de 1 000 à 1 500 mineurs sur leur territoire, sur les 5 000 comptabilisés dans les îles grecques. (Solenn Paulic)

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