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Bulletin Quotidien Europe N° 12443
RÉUNION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL EUROPÉEN / SantÉ

Les chefs d'État s'engagent à coopérer davantage pour faire face au coronavirus

À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle. Réunis en vidéoconférence mardi 10 mars, les chefs d'État ou de gouvernement des 27 États membres ont décidé de coopérer davantage pour contrer l'épidémie de coronavirus et, partant, de donner davantage de prérogatives à la Commission. Ils se sont notamment mis d'accord sur un nouveau fonds d'urgence qui pourrait atteindre jusqu'à 25 milliards d'euros. 

« L'objectif de cette réunion, c'est notamment de montrer que l’attention européenne est mobilisée au plus haut niveau sur ces sujets qui concernent tous les Européens. Ce serait incompréhensible que l’Europe ne s’en saisisse pas », a indiqué une source européenne, reconnaissant que cette réunion exceptionnelle avait notamment valeur de symbole. 

Cette réunion a rassemblé les 27 dirigeants européens, le président du Conseil européen, Charles Michel, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, la présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, ainsi que le président de l'Eurogroupe, Mário Centeno. Un format inédit qui témoigne de l'urgence de la situation. Depuis le 9 mars, tous les États membres comptent au moins un cas de coronavirus sur leur territoire, tandis que la chancelière allemande, Angela Merkel, a indiqué s'attendre à ce que 60 à 70% de la population soit infectée. 

Un fonds de 7,5 milliards d'euros

Cette vidéoconférence, qui fait suite à deux réunions des ministres de la Santé et une multitude de réunions d'experts, a en tout cas permis d'aboutir à cinq décisions concrètes. 

La première concerne le volet économique. À ce stade, plusieurs États membres ont pris des mesures pour aider leurs entreprises, notamment en matière de soutien à la liquidité pour les petites et moyennes entreprises (PME), de report de charges sociales/fiscales ou de mesures d’aide immédiate).

Lors de leur échange, les Vingt-sept se sont dits prêts à agir de manière coordonnée sur le volet macroéconomique. « Nous utiliserons tous les outils à notre disposition pour nous assurer de traverser cette tempête », a résumé en conférence de presse la présidente de la Commission européenne. « Nous veillerons à ce que les aides d'État puissent aller aux entreprises qui en ont besoin et à utiliser pleinement la flexibilité du pacte de stabilité et de croissance. », a-t-elle poursuivi, promettant de venir avec des idées concrètes d'ici la fin de la semaine en vue de la réunion de l'Eurogroupe du 16 mars (si elle n'est pas annulée). Plus tôt dans l'après-midi, la vice-présidente Margrethe Vestager avait indiqué que des dispositions spécifiques en matière d'aides d'État étaient prévues à l'article 107.b du traité.

Mme von der Leyen a d'ailleurs annoncé la mise au point d'un 'fonds d'investissement pour répondre au coronavirus' (corona response investment fund, en anglais) destiné à soutenir les systèmes de santé, les PME, le marché du travail et d'autres aspects vulnérables. La Commission mettra à disposition 7,5 milliards d'euros de liquidités issus des fonds structurels, qui pourraient, à terme, être portés à 25 milliards d'euros.   

Davantage de coordination

Interrogée sur la décision de plusieurs États membres limitrophes de fermer leur frontière avec l'Italie (comme la Slovénie) ou d'effectuer davantage de contrôles (comme l'Allemagne), la présidente de la Commission européenne a refusé de parler de « mort de l'espace Schengen », comme le laissait entendre une journaliste. Par contre, elle a annoncé que la Commission serait dorénavant en contact régulier avec les ministres européens de la Santé et des Affaires intérieures pour coordonner ces mesures. 

Quant aux décisions de certains pays de restreindre leurs exportations de matériel, Charles Michel a indiqué qu'il y avait une détermination à coopérer. « C'est un sujet que nous prenons très au sérieux. Responsabilité a été confiée à la Commission européenne de vérifier l'état des stocks, des besoins, afin qu'il y ait une gestion dynamique des fournitures », a-t-il expliqué.  

Enfin, les Vingt-sept ont décidé de mettre en place un conseil scientifique composé d'épidémiologistes et de virologues pour adopter des lignes directrices sur une base régulière. 

À noter qu'en matière de recherche, la présidente de la Commission européenne a promis de renforcer les initiatives visant à financer des projets ciblés, en plus des 140 millions d'euros déjà engagés.  

Toutes ces mesures seront discutées lors du prochain Conseil européen des 26 et 27 mars, qui « sera l'occasion de prendre d'autres décisions en cas de nécessité », comme l'a déclaré Charles Michel, indiquant que cette réunion aurait bien lieu en présence de tous les chefs d'État ou de gouvernement à Bruxelles.

Voir la déclaration du président du Conseil européen : http://bit.ly/3aHMeL3  (Sophie Petitjean avec la rédaction)

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