25 morts, des communautés dévastées, une superficie de la taille de la Belgique partie en fumée, plus d'un milliard d'animaux brûlés, dont certaines espèces uniques au monde, 206 millions de tonnes de CO2 émises, une qualité de l'air à Canberra pire qu'au Chili : tous les députés européens se sont alarmés de l'ampleur de la catastrophe des feux de forêt, lundi 13 janvier, lors d'un débat sur 'Les feux de brousse en Australie : une conséquence du changement climatique'.
La solidarité exprimée avec les Australiens et l'offre d'aide ont été unanimes. Mais les députés des groupes ID et CRE se sont agacés que ce débat d'actualité, qui a eu lieu à la demande des Verts/ALE, ne se soit pas limité à l'assistance que l'UE pourrait apporter par le biais de son mécanisme de protection civile au lieu de servir d'occasion pour appeler les autorités australiennes à reconnaître la réalité du changement climatique. La demande du groupe ID de modifier l'intitulé du débat a été refusée.
« Nous envoyons un message de solidarité à l'Australie et nous sommes prêts à l'aider », a déclaré le vice-président de la Commission, Maroš Šefčovič. Il a rappelé que le président du Conseil européen, Charles Michel, avait informé le Premier ministre australien, Scott Morrison, de la possibilité pour l'UE d'envoyer des pompiers (EUROPE 12399/4). « Mais celui-ci a fait savoir que, pour le moment, il n'avait pas besoin d'aide supplémentaire », a-t-il précisé.
Estimant que « la science est claire : le changement climatique va accélérer la fréquence et l'intensité de ces catastrophes », M. Šefčovič a plaidé pour que tous les pays luttent, ensemble, contre le changement climatique, en particulier les pays du G20. Il a également dit le souhait de la Commission de renforcer le partenariat de longue date avec l'Australie par le dialogue sur l'environnement.
« L'Australie a fait l'expérience de l'été le plus chaud et le plus sec (4° de plus que la moyenne), bientôt ce sera la norme », a souligné Pär Holmgren (Verts/ALE).
Selon Hildegard Bentele (PPE allemande), « la diplomatie ne suffit pas. Il faut convaincre les partenaires comme l'Australie et les aider ». C'est l'Australie et le Brésil qui ont mis des bâtons dans les roues à la COP25, a rappelé Eleonora Evi (non-inscrits, italienne).
Miriam Dalli (S&D, maltaise) a fait un parallèle avec le Brésil. « Nous avons vu l'Amazonie brûler. On a vu ce qui se passe quand les gouvernements ne font pas de lien avec le changement climatique. Nous demandons au gouvernement australien de reconnaître le changement climatique, de tourner le dos aux énergies fossiles et de rallier l'Accord de Paris », a-t-elle déclaré.
De l'avis d'Ulrike Müller (Renew Europe, allemande), l'Australie doit respecter cet accord eu égard à son grand potentiel d'énergie renouvelable. Une délégation du PE se rendra dans le pays en février « pour avoir un dialogue franc et offrir notre aide pour surmonter un énorme défi ». (Aminata Niang)