L’UE ainsi que plusieurs gouvernements nationaux européens ont salué l’entrée en vigueur en Libye, dimanche 12 janvier, d’un cessez-le-feu entre le gouvernement d’union nationale (GNA) de Fayez el-Sarraj et les forces du maréchal Khalifa Haftar.
Les modalités de cette trêve initiée par la Turquie et la Russie n'ont toutefois été négociées que lundi 13 janvier, à Moscou. Les discussions entre les deux camps libyens ont permis « un certain progrès », a estimé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Fayez el-Sarraj a signé l'accord formel de cessez-le-feu, le maréchal Haftar, en revanche, a demandé un délai supplémentaire pour réfléchir.
Une Libye stable et souveraine. L'arrêt des combats ce dimanche a été largement salué par les Européens. « Il s’agit d’une première étape positive, mais la Libye a désormais besoin d’un processus permettant d’assurer la reconstruction et de parvenir à la mise en place d’un gouvernement uni », a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d’une conférence de presse au Luxembourg. « Il est de la plus haute importance que ce processus soit mené sous l’égide des Nations Unies », a-t-elle ajouté, déplorant qu’un trop grand nombre d’acteurs soient impliqués dans la région, « pas toujours pour le bien du peuple libyen ».
Dans une déclaration commune, les ambassades de France, d'Allemagne, d'Italie, du Royaume-Uni, des États-Unis, ainsi que la délégation de l'Union européenne en Libye ont également rappelé leur attachement « à la souveraineté et à l’intégrité territoriale de la Libye, libre des ingérences extérieures abusives » (EUROPE 12398/1).
Le président du Parlement européen, David Sassoli, a, lui aussi, souligné dans un communiqué l’importance d’une « Libye stable, démocratique et libre de toute ingérence extérieure ». Il a appelé à la consolidation de ce « premier pas fondamental » que constitue l’arrêt du conflit armé, afin que puisse être trouvée une solution politique à la crise.
Le président du Conseil européen, Charles Michel, en visite officielle à Istanbul, samedi 11 janvier, a, lui aussi, salué l’annonce du cessez-le-feu. Il a toutefois fait part au président turc de ses inquiétudes concernant le mémorandum d’accord signé entre la Libye et la Turquie.
Conférence de paix à Berlin. Si la trêve se prolonge, elle devrait permettre la tenue à Berlin, d'ici la fin du mois de janvier, d'une conférence consacrée à la situation en Libye et à la mise en place d'une solution politique (EUROPE 12401/2). (Agathe Cherki - stage)