Multipliant les contacts internationaux sur les crises au Moyen-Orient et en Libye, le président du Conseil européen, Charles Michel, tente de renforcer le rôle de l’UE sur le plan international.
« Nous avons une volonté politique forte d’être plus impliqués, plus engagés au niveau international », a-t-il ainsi révélé, jeudi 9 janvier, lors d’une conférence de presse à Zagreb avec le Premier ministre croate, Andrej Plenkovic, dont le pays assume actuellement la présidence du Conseil de l’UE. Selon lui, l’UE a notamment un rôle plus important à jouer au Moyen-Orient.
« Nous sommes une Union avec 500 millions de citoyens, un pouvoir économique fort. Je suis convaincu qu’au niveau international, nous devons promouvoir davantage nos valeurs et promouvoir et défendre davantage nos intérêts », a-t-il expliqué. Et d'insister : « Il est important pour l’UE non seulement d'observer ce que les autres vont décider pour nous, mais d'être un acteur. (...) Je veux que l’UE fasse partie du jeu, soit plus impliquée au niveau extérieur ».
Selon M. Michel, « nous aurons l'occasion, avec les États membres, d’être très actifs, pas seulement à court terme, mais aussi à moyen et long termes », alors que la situation au Moyen-Orient et en Libye pourrait avoir des conséquences négatives pour l’UE.
C’est donc pour cela que le président du Conseil européen essaie « de développer de nombreux canaux de communications », de promouvoir le dialogue, a-t-il ajouté. « Le dialogue, la négociation sont très importants pour faire des progrès et pour aller dans la bonne direction », a-t-il ajouté.
Éviter les actes irréversibles
Avant de se rendre en Égypte et en Turquie ce samedi pour discuter de la Libye et voir s’il est possible d’« agir et de jouer un rôle plus important » dans le règlement du conflit, M. Michel s’est entretenu par téléphone, jeudi 9 janvier, avec le président iranien, Hassan Rohani.
Selon un communiqué des services de M. Michel, ce dernier a demandé à l'Iran « d'éviter de poser des actes irréversibles », notamment concernant l’accord sur le nucléaire. Il a aussi assuré à M. Rohani que l'UE était « prête à renforcer son engagement auprès de toutes les parties afin de désamorcer les tensions ». Le président iranien aurait déclaré, selon le Conseil européen, que l'UE avait toujours joué un rôle stabilisateur et responsable dans la région et que son pays était prêt à poursuivre une coopération étroite avec l'Union.
« L'accord sur le nucléaire iranien a été une réalisation importante après dix ans d'intenses négociations internationales et reste un outil important pour la stabilité régionale », ont ajouté les services du président du Conseil européen. Devant la presse, Charles Michel a rappelé qu'à l'occasion du retrait des États-Unis, les Européens avaient pris la décision de soutenir l’accord « non pas parce qu’il est parfait, mais parce qu’il ouvre un canal de communication et réduit les risques dans la région ».
Mercredi 8 janvier, le président américain, Donald Trump, avait appelé les membres du JCPOA à abandonner l’accord. (Camille-Cerise Gessant)