Les ministres des Finances des Vingt-sept (tous sauf le Britannique) n’ont pas marqué d’avancée fondamentale concernant les contours de la future capacité budgétaire pour la zone euro, lors de la réunion de l’Eurogroupe de Helsinki du vendredi 13 septembre, précédant une réunion décisive à Luxembourg en octobre.
« Aujourd’hui, nous avons passé en revue toutes les questions ouvertes […] sur la base du travail conduit par la Commission durant la trêve [estivale] », a déclaré en ouverture de son propos Mário Centeno, le président de l’Eurogroupe, en conférence de presse. « Le but serait d’obtenir un accord en octobre », a ajouté Valdis Dombovskis, le commissaire chargé de l’Euro et du Dialogue social, qui s’est par ailleurs félicité de quelques progrès tout en confirmant implicitement que plusieurs problématiques clefs n’avaient pas encore trouvé de réponses.
Si une réunion visant à organiser le travail au cours de ce semestre avait eu lieu en juillet (EUROPE 12290/14), il s’agissait, cette fois, de la première session substantielle depuis l’accord partiel obtenu lors de la rencontre de juin (EUROPE 12275/1), avalisé par les dirigeants de l’UE une semaine plus tard lors du Sommet de la zone euro (EUROPE 12280/1). L’objectif affiché est toujours le même, à savoir un accord global sur ce futur instrument dans les prochaines semaines.
Mais les Vingt-sept sont encore très divisés sur les contours de cet accord, les positions n’ayant pas fondamentalement évolué durant l’été (EUROPE 12324/6). Les questions ayant trait à la dotation financière de cette capacité budgétaire (ce thème s’inscrit dans le cadre des discussions sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027), la manière de la financer ou encore la question de la gouvernance, restent toujours sur la table.
D’un côté, les États d’Europe du Nord, emmenés par les Pays-Bas, plaident pour une gouvernance traditionnelle avec des ressources tirées strictement du CFP 2021-2027 (EUROPE 12247/19). De l’autre, plusieurs pays, notamment l’Allemagne et la France, qui sont en faveur de ressources additionnelles (par exemple, une taxe sur les transactions financières) et un accord intergouvernemental entre États membres de la zone euro venant régir les questions de gouvernance. La question de la manière de financer la capacité budgétaire reste donc bel et bien « une problématique épineuse », a reconnu M. Centeno.
Un consensus émerge toutefois sur d’autres points, notamment l’allocation des fonds ou le rôle de l’Eurogroupe. Des discussions techniques doivent se poursuivre sur ces points et les grands argentiers des Vingt-sept sont d'accord sur le fait que les États hors de la zone euro ne devraient pas avoir à financer cet instrument.
Alors que des questions majeures sont toujours ouvertes, la prochaine réunion de l’Eurogroupe, qui se tiendra à Luxembourg le 9 octobre, devrait être longue et intense, comme l’a déclaré à la fin de son intervention M. Centeno. (Lucas Tripoteau)