Les ministres des Finances des Vingt-sept (tous sauf le Britannique) discuteront, vendredi 13 septembre, lors d’une réunion informelle de l’Eurogroupe à Helsinki, de la future capacité budgétaire pour la zone euro, tandis que les grands argentiers des Dix-neuf se pencheront sur les dépenses publiques, la transparence des travaux de l’Eurogroupe et sur les futures politiques économiques des gouvernements italien et grec.
C’est la problématique de la future capacité budgétaire pour la zone euro qui sera au cœur de la discussion en format élargi, à vingt-sept.
À la suite de l’accord partiel obtenu lors de la réunion de l’Eurogroupe de juin (EUROPE 12275/1), avalisé par les dirigeants de l’UE lors du Sommet de la zone euro une semaine plus tard (EUROPE 12280/1), les négociations doivent se poursuivre pour tenter de trouver un accord global d’ici à la fin de l’année. Sont encore sur la table la question de la dotation financière de ce futur instrument, qui s'inscrit dans le cadre des discussions sur le cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, la manière de le financer ou encore la question de la gouvernance.
Ce sera le vrai premier échange sur le sujet depuis la réunion de l’Eurogroupe de juin, celle de juillet s’étant centrée sur l’organisation du travail au cours de ce semestre (EUROPE 12290/14).
Alors que les Vingt-sept étaient très divisés sur les contours de cette future capacité budgétaire en juin, les positions n’ont pas changé au cours de l’été, comme l’a reconnu une source européenne. Il ne devrait donc pas y avoir d’avancées ou de changements radicaux lors de cette rencontre.
Transparence. À dix-neuf, les ministres des Finances de la zone euro se pencheront par ailleurs sur la manière de rendre plus transparents les travaux à l’Eurogroupe.
Une initiative avait été lancée par l’ex-président de cette entité informelle, le Néerlandais Jeroen Dijsselbloem, en 2016 (EUROPE 11488/15). Les participants à la réunion vont attester des progrès et explorer les pistes de travail pour renforcer cette transparence, notamment par la communication.
Politiques économiques italiennes et grecques. En outre, les ministres des Finances grec et italien, récemment intronisés dans leur pays, présenteront à leurs collègues le programme économique de leur gouvernement respectif.
La situation des deux pays est observée avec attention à l’Eurogroupe, la Grèce faisant l’objet d’un cadre de surveillance renforcée post-programme (EUROPE 12305/8), tandis que la trajectoire budgétaire italienne est scrutée de manière attentive par les partenaires de Rome (EUROPE 12288/10).
Pour ce qui est de la Grèce, le ministre des Finances, Christos Staïkouras, devrait présenter l’intention d’Athènes de procéder à un remboursement anticipé d’un prêt au Fonds monétaire international (FMI) (EUROPE 12323/11).
BCE. L’appel à candidatures pour le remplacement de Benoît Cœuré, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), sera par ailleurs lancé à l’occasion de cette réunion. M. Cœuré doit quitter son poste le 31 décembre de cette année.
Dépenses publiques. Une discussion, toujours à dix-neuf, aura également lieu concernant la croissance et l’emploi, focalisée cette fois-ci sur les dépenses publiques dans les différents pays de la zone euro.
Irlande, G7. Par ailleurs, les ministres des Finances de la zone euro seront informés du bilan de la onzième mission de surveillance post-programme menée récemment en Irlande.
Enfin, un rapide compte-rendu de la réunion du G7 de Biarritz sera présenté (EUROPE 12313/2, 12313/3). (Lucas Tripoteau)