C'est une victoire pour la présidence française : les pays du G7 se sont engagés en faveur de la modernisation de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC), notamment « afin d’être plus efficace dans la protection de la propriété intellectuelle, de régler plus rapidement les différends et d’éradiquer les pratiques commerciales déloyales », dans une déclaration commune qu'ils ont adoptée lundi 26 août, à l'issue du Sommet de Biarritz. C'était une gageure, étant donné l'hostilité du président américain, Donald Trump, vis-à-vis du multilatéralisme sur les questions commerciales.
« On a dit dans cette page qu’il est bon d’avoir une organisation tous ensemble du commerce », a détaillé le président français, Emmanuel Macron, aux côtés du président américain, qui prendra la présidence tournante du G7 l’année prochaine.
« Nous avons aussi collectivement réaffirmé notre volonté de changer ces règles du commerce pour arriver à nos fins: on doit les moderniser profondément, car toutes (les) situations injustes dont nos pays ont été parfois victimes doivent être stoppées », a poursuivi M. Macron, soulignant l’existence de nombreuses barrières règlementaires et les violations massives de la propriété intellectuelle, en référence aux pratiques chinoises.
Statu quo ?
Pourtant, durant les échanges qui se sont tenus dimanche 25 août au matin, aucune réelle percée dans les discussions ne nous avait été rapportée, le président américain Donald Trump campant sur ses positions.
Certes, un consensus s’était formé sur le fait que la Chine constituait un problème majeur pour l’équilibre économique et commercial mondial, mais, sur la méthode, les pays du G7 étaient restés divisés : M. Trump agit de manière unilatérale en érigeant des barrières douanières offensives, alors que les Européens, le Japon et le Canada continuent de plaider pour le maintien et la modernisation de l’OMC, notamment par le biais de la réforme de l’Organe d’appel de l’OMC (EUROPE B12304B26).
Volteface trumpienne
À Biarritz, M. Trump a soufflé le chaud et le froid. Il a parfois dit avoir des doutes (‘second thoughts’) quant à la guerre commerciale que son pays mène à l'encontre de Pékin, propos vite démentis par le porte-parole américain. Mais il a aussi évoqué la possibilité de déclarer un « état d’urgence national » face aux pratiques commerciales déloyales de la Chine.
Lundi 26 août, le ton du président américain a toutefois changé. À la suite d’une éventuelle annonce faite par la Chine de la reprise des négociations commerciales, le Président Trump n’a pas tari d’éloges, via Twitter, à l’égard du leader chinois, Xi Jinping, annonçant la poursuite des pourparlers entre les deux pays.
Accords bilatéraux
Des avancées d’importance diverse ont été également enregistrées durant le Sommet sur le front des accords commerciaux.
Lundi, à l’issue d’une rencontre bilatérale, M. Trump et la chancelière allemande, Angela Merkel, ont fait part de leur volonté d’intensifier les négociations entre l’Union européenne et les États-Unis, alors même que le président américain menace régulièrement l’UE d’imposer de nouvelles taxes douanières, notamment sur les voitures allemandes et, plus récemment, sur le vin français (voir autre nouvelle).
La veille, M. Trump et le Premier ministre japonais, Shinzō Abe, avaient conclu un accord commercial « de principe » couvrant le secteur agricole – citant en particulier le blé américain – et le commerce numérique. Un sommet bilatéral entre les deux pays est envisagé en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, fin septembre.
Voir la déclaration commune du G7 : http://bit.ly/2U44jfk (Pascal Hansens)