À l’issue d’une brève rencontre, dimanche 25 août en fin de matinée, en marge du sommet du G7, le président du Conseil européen, Donald Tusk, et le Premier ministre britannique, Boris Johnson, se sont accordés pour se retrouver en marge de la 74e réunion de l’Assemblée générale de l’ONU (UNGA 74), qui se tiendra en septembre à New York.
Il s’agissait de la première rencontre officielle entre les deux hommes. Celle-ci a été brève et aurait duré un peu plus d'une vingtaine de minutes, nous a-t-on confirmé.
Durant leur échange, les deux personnalités sont tombées d’accord sur leur volonté d’éviter une sortie du Royaume-Uni de l’Union sans accord. Mais, comme il était attendu du côté européen, aucune proposition substantielle ne serait venue de la part du Britannique quant à une solution alternative au filet de sécurité ('backstop') destiné à éviter le retour d'une frontière physique entre l'Irlande et l'Irlande du Nord (EUROPE 12311/1). Il est vrai qu’un plan britannique détaillé devrait être proposé dans le mois à venir.
De son côté, M. Tusk aurait répété la position européenne sur la nécessité double de préserver l’intégrité du marché unique et la paix en Irlande du Nord.
Par ailleurs, la question du non-paiement de la « facture » britannique due dans le cadre financier pluriannuel (CFP) 2014-2020 n’aurait pas été discutée entre les deux hommes, nous a-t-on assuré. Pourtant, selon la presse britannique, il était attendu que M. Johnson annonce le jour même que son pays s’acquittera de 9,8 milliards d’euros (9 milliards de livres sterling) en cas d’une sortie sans accord, contre environ 40 milliards d’euros prévus selon l’accord scellé avec son prédécesseur (EUROPE 12272/25, 12145/1).
MM. Tusk et Johnson sont d'accord sur les grands dossiers internationaux, que ce soit sur la question iranienne et russe ou sur la nécessité de préserver le multilatéralisme (voir autres nouvelles).
Monsieur ‘No Deal’. La rencontre a été courtoise et « positive », selon une source. Pourtant, celle-ci s’annonçait pour le moins tendue : la veille, sur son compte Twitter, M. Tusk avait espéré que M. Johnson ne souhaite pas entrer « dans l’histoire comme le Monsieur ‘No Deal’ », attendant de Londres des idées « réelles et acceptables ».
Ce à quoi le Premier ministre britannique avait répondu que l’Union devrait « laisser tomber le 'backstop'. (…) Si Donald Tusk ne veut pas devenir 'Monsieur No Deal', alors j’espère qu’il gardera ce point en tête ».
Un G7 plutôt qu’un G5+2. Observateurs et médias s’attendaient à voir un groupe européen divisé, anticipant plutôt un 'G5+2', avec, d’un côté, la France, l’Italie, l’Allemagne, le Japon et le Canada, et de l’autre, le Président américain Donald Trump aux côtés du Premier ministre britannique.
Certes M. Trump et M. Johnson ont publié, dimanche 25 août, une déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à approfondir la coopération entre l'UE et dans les domaines de la défense, commercial et économique, mentionnant la conclusion future d’un accord commercial « complet » (comprehensive) et, pour ce faire, la mise sur pied d’un groupe de travail consacré à leur relation économique (‘Special Relationship Economic Working Group’).
Toutefois, selon une source européenne, M. Johnson s’est finalement aligné sur les positions des 5 autres États membres plutôt que sur la position américaine, que ce soit sur la crise iranienne, sur l’organisation du commerce international ou encore sur la lutte contre le changement climatique. Il a d’ailleurs participé à la réunion de coordination avec les membres européens du G7 qui s’est tenue samedi 24 août en fin d’après-midi. (Pascal Hansens)