login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12327
ACTION EXTÉRIEURE / Turquie

Un ministre turc propose la création d’une communauté du gaz et du pétrole en Méditerranée

Le vice-ministre turc des Affaires étrangères et directeur des Affaires européennes, Faruk Kaymakcı, a plaidé, jeudi 12 septembre, auprès d’un petit groupe de journalistes, dont EUROPE, pour la mise en place d’une communauté du gaz et du pétrole en Méditerranée.

« Le nouveau ‘charbon et acier’ de l’UE est le gaz et le pétrole en Méditerranée. La communauté européenne du charbon et de l’acier a aidé à créer l’UE d’aujourd’hui, mais le gaz et le pétrole de la Méditerranée peuvent réunifier l’île de Chypre et contribuer à des développements positifs », a-t-il expliqué.

L’UE a condamné les forages de la Turquie et pris, le 15 juillet, des mesures à l’encontre d’Ankara (EUROPE 12297/7). Selon une source turque, le pays fore dans une zone qui appartient aux Chypriotes turcs. « Que vous reconnaissiez ou non la République turque de Chypre du Nord, il y a un État reconnu (uniquement, NDLR) par la Turquie, les Chypriotes turcs ont leurs droits », a-t-elle expliqué.

Selon cette source, lorsque les autorités chypriotes grecques ont commencé à forer, en 2011, les Chypriotes turcs avaient proposé de créer un comité conjoint sur l’énergie, proposition rejetée. En juillet dernier, les Chypriotes turcs auraient refait cette proposition, de nouveau refusée « parce que les Chypriotes grecs ne veulent pas discuter avec les Chypriotes turcs, car ce serait une reconnaissance », a expliqué cette source.

Face à la montée des tensions, la source turque a estimé que l’UE devait jouer un rôle constructif, comme elle l’a fait entre la Croatie et la Slovénie ou entre la Serbie et le Kosovo.

« Si l’UE pense que les Grecs chypriotes sont justes à 100%, que les Turcs sont les agresseurs, les envahisseurs et les barbares, un moyen de garder la Turquie en dehors, alors rien ne peut être fait », a-t-elle regretté. De plus, « si l’UE est sur le jeu de la solidarité, on est complètement bloqué et cela peut même mener à des tensions supplémentaires », a-t-elle mis en garde, regrettant que certains États membres puissent profiter de leur statut pour transposer au niveau européen des questions bilatérales.

La Grèce responsable de la hausse des arrivées

Alors que le nombre d’arrivées en Grèce depuis la Turquie a connu une hausse ces dernières semaines, la source turque a estimé que cette hausse était de la responsabilité d’Athènes, qui ne renvoie pas les migrants en vertu de l’accord UE-Turquie. « Nous prenons toute personne illégale depuis les îles grecques, mais les autorités grecques ne les renvoient pas en temps voulu », a regretté cette source.

Après l’accord UE-Turquie sur la migration, environ 60 000 personnes se sont rendues de la Turquie vers les îles grecques, mais seulement 1 906 ont été renvoyées. « C’est un mauvais message pour les migrants potentiels », a-t-elle estimé. 

Par ailleurs, selon cette source, 2,1 milliards d’euros au maximum ont atteint les réfugiés, sur les 6 milliards promis. Elle a précisé que, si le système pour l’aide à la Turquie était le plus rapide de l’UE, c'était encore trop lent pour son pays. Elle a ajouté que son pays avait aussi besoin de plus d'argent, car la crise lui avait déjà coûté plus de 40 milliards de dollars. Selon la Commission européenne, 5,6 milliards d’euros ont déjà été versés (EUROPE 12323/21). (Camille-Cerise Gessant)

Sommaire

ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
BRÈVES
The B-word : la newsletter d’Agence Europe sur le Brexit
CALENDRIER
CALENDRIER BIS