Le racisme institutionnalisé est omniprésent dans les systèmes judiciaires des pays de l'UE et se répercute sur la manière dont l’enregistrement des crimes racistes, la conduite des enquêtes et les poursuites en justice liées à ces crimes sont effectués, conclut un nouveau rapport du réseau européen contre le racisme (ENAR), publié jeudi 12 septembre.
Le rapport, qui couvre 24 pays européens, recense plusieurs formes subtiles de racisme au sein des systèmes européens de justice pénale et observe une hausse des crimes à caractère raciste sur la période 2014-2018 dans de nombreux États membres de l'UE.
« Il faut un changement fondamental des systèmes de justice pénale si l’on veut que la justice soit rendue pour les victimes des crimes racistes en Europe. Les gouvernements et institutions publiques peuvent mieux lutter contre les crimes de haine s’ils s’engagent à revoir les pratiques, politiques et procédures qui désavantagent certains groupes », a déclaré Karen Taylor, présidente de l'ENAR.
La plupart des États membres de l’UE ont mis en place des législations sur les crimes de haine, mais aussi des politiques et des lignes directrices qui visent à lutter contre les crimes racistes. Mais celles-ci ne sont pas mises en œuvre, en raison d’un contexte de racisme institutionnalisé au sein des forces de l’ordre, explique l'organisation.
Le rapport cible en particulier les manquements de la police, qui ne prend parfois pas au sérieux les signalements de crimes racistes. Cette pratique est d’autant plus répandue lorsque certains groupes signalent ces crimes tels que les personnes roms ou noires, pointe l'organisation.
Autres facteurs, selon l'ENAR, qui viennent entraver la poursuite judiciaire de ces crimes : le manque de définition claire des crimes racistes, le manque de formation et de moyens, ou encore l’utilisation limitée de circonstances aggravantes pour motif de haine.
Voir le rapport : http://bit.ly/2kx59nI (Marion Fontana)