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Bulletin Quotidien Europe N° 12323
INSTITUTIONNEL / Commission

Mme von der Leyen s'apprête à dévoiler les portefeuilles attribués aux commissaires européens désignés

La présidente élue de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a dévoilé, lundi 9 septembre, l'identité des vingt-six commissaires désignés qui formeront avec elle le prochain Collège des commissaires européens à partir du 1er novembre, s'ils passent l'obstacle des auditions au Parlement européen.

Cette liste comporte peu de surprises par rapport à celle qu'EUROPE avait élaborée fin août (EUROPE 12313/12). Ont depuis été officiellement désignés la Française Sylvie Goulard, la Portugaise Élisa Ferreira, la Roumaine Rovana Plumb, ainsi que l'Italien Paolo Gentiloni.

Mme von der Leyen semble donc avoir accepté toutes les personnalités que lui avaient soumises les capitales. La chrétienne-démocrate allemande a toujours choisi une femme lorsqu'un État membre, comme le Portugal ou la Roumanie, lui a laissé le choix entre plusieurs personnalités.

Avec treize femmes, dont la présidente elle-même, la Commission 'von der Leyen' devrait presque atteindre la parité entre hommes et femmes, chose inédite pour l'institution européenne.

Au niveau des équilibres politiques, dix personnalités sont affiliées à la famille politique sociale-démocrate : la Finlandaise Jutta Urpilainen, l'Italien Paolo Gentiloni, le Luxembourgeois Nicolas Schmit, la Maltaise Helena Dalli, le Néerlandais Frans Timmermans, la Portugaise Élisa Ferreira, la Roumaine Rovana Plumb, le Slovaque Maroš Šefčovič, l'Espagnol Josep Borrell et la Suédoise Ylva Johansson.

Neuf autres - Ursula von der Leyen, l'Autrichien Johannes Hahn, la Bulgare Mariya Gabriel, la Chypriote Stella Kyriakides, la Croate Dubravka Šuica, le Grec Margaritis Schinas, l'Irlandais Phil Hogan, le Letton Valdis Dombrovskis et le Hongrois László Trócsányi - sont issus des rangs chrétiens-démocrates.

Les autres commissaires désignés sont soit libéraux - le Belge Didier Reynders, la Française Sylvie Goulard, la Danoise Margrethe Vestager, l'Estonienne Kadri Simpson et la Tchèque Věra Jourová - soit conservateurs - le Polonais Janusz Wojciechowski - soit indépendants, tels que le Lituanien Virginijus Sinkievičius et le Slovène Janez Lenarčič.

László Trócsányi, cible idéale du Parlement européen

M. Trócsányi est issu du parti Fidesz - au pouvoir en Hongrie, mais qui est suspendu temporairement par le Parti populaire européen (PPE). Ancien ministre de la Justice du gouvernement de Viktor Orbán, il a fait adopter plusieurs lois liées à la réforme du système judiciaire et à la criminalisation de l'aide à la migration, qui sont à l'origine de la procédure dite 'article 7' sur le respect de l'État de droit à l'encontre de la Hongrie et à l'ordre du jour du Conseil 'Affaires générales', lundi 16 septembre (EUROPE 12320/2).

Plusieurs députés ont déjà signalé leur opposition à la nomination de M. Trócsányi, dont Sophie in't Veld (Renew Europe, néerlandaise) qui l'a qualifiée de « provocation ». Les groupes politiques proeuropéens du PE refusent que les eurodéputés issus de partis au pouvoir au niveau national et soutenant un gouvernement faisant l'objet d'une procédure 'article 7' accèdent à des postes à responsabilité au sein des commissions parlementaires.

D'autres commissaires désignés ont des démêlés avec la justice sur des affaires relevant de l'échelon européen. Interrogée lundi sur l'ouverture, par l'Office européen antifraude (OLAF), d'une enquête sur l'emploi présumé fictif d'un assistant parlementaire par Mme Goulard, la Commission européenne a demandé le respect de l'indépendance de l'OLAF et du « principe de présomption d'innocence » dont bénéficie l'ancienne eurodéputée. Dans cette affaire en cours (EUROPE 12315/1), Mme Goulard aurait remboursé 45 000 euros au Parlement européen. Cette somme correspondrait au revenu indu perçu par cet assistant parlementaire, selon la presse française.

La Commission a demandé le même respect du principe de présomption d'innocence à propos de M. Wojciechowski, lui aussi visé par une enquête de l'OLAF concernant le remboursement excessif de frais de déplacement lorsqu'il était eurodéputé, entre 2004 et 2014.

Mme von der Leyen n'est elle-même pas totalement épargnée par les affaires, du temps où elle était ministre de la Défense (EUROPE 12288/5).

Le Royaume-Uni n'a pas proposé de commissaire, le gouvernement Johnson travaillant sur la base d'une sortie de l'Union européenne au 31 octobre. Néanmoins, si le Brexit n'a pas lieu à cette date, une solution au moins transitoire devra être trouvée dans la mesure où le traité prévoit que chaque État membre dispose d'un commissaire européen. 

Mme von der Leyen officialisera, ce mardi, les contours des portefeuilles qui seront attribués à chacune de ses personnalités politiques et sur la base desquels les commissions parlementaires les interrogeront fin septembre ou début octobre.

 Les huit commissaires désignés qui siègent déjà au sein de la Commission 'Juncker' aspirent à obtenir des portefeuilles plus importants ou à la fonction de vice-président, s'ils ne l'occupent pas encore. M. Hahn est même l'un des rares à postuler pour un troisième mandat.

Sur l'attribution et le contour des portefeuilles, les derniers arbitrages étaient en cours, lundi. Ils portaient notamment sur les portefeuilles des Affaires économiques et budgétaires et de la Concurrence. L'Italie revendique l'un des deux portefeuilles malgré l'opposition de certains États membres eu égard aux tensions récurrentes entre l'échelon européen et Rome sur la situation budgétaire italienne.

Il conviendra également d'observer dans quelle mesure Mme von der Leyen reprendra à son compte le concept de hiérarchisation au sein du Collège à travers la nomination de vice-présidents et si elle le développera. Une chose est sûre, Mme Vestager et M. Timmermans joueront un rôle prépondérant en pilotant des enjeux sociétaux transversaux et à forte visibilité médiatique, comme, par exemple, la lutte contre les dérèglements climatiques ou l'essor des technologies numériques. (Mathieu Bion)

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