La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, tout comme plusieurs ministres des Affaires étrangères, ont mis l’accent, vendredi 30 août, sur la diplomatie dans les relations avec l’Iran, notamment dans le détroit d’Ormuz.
« Notre souhait commun est de contribuer diplomatiquement à une approche plus générale pour désamorcer les tensions dans la région », a souligné la Haute Représentante aux médias à l’issue du Conseil informel de type Gymnich, à Helsinki.
« Le principal message de l’UE est la nécessité de désamorcer, d'éviter une nouvelle escalade et d'ouvrir des voies de dialogue et de coopération dans la région, en respectant clairement et sans équivoque l'ordre international fondé sur des règles, dont une partie est pour nous fondamentale, à savoir la liberté de navigation qui inclut le détroit d'Ormuz », a-t-elle prévenu.
Ainsi, si de nombreuses initiatives sont mentionnées, que ce soit l’opération navale américaine d’escorte ou une mission de surveillance menée par des États membres, Mme Mogherini a insisté sur la nécessité d’un apaisement. Selon elle, il y a un « engagement ferme de l'Union européenne et des États membres à soutenir toute initiative inclusive et pleinement responsable dans la région, qui peut conduire à une désescalade, même limitée, à une coopération accrue dans le Golfe ». Selon des sources diplomatiques, cela signifie que toute action devrait recueillir l’aval des pays de la zone, y compris l’Iran, ce qui semble compliqué dans le cas d'une mission maritime.
Mme Mogherini a également expliqué que l’approche européenne portait sur une aide aux « forces du Golfe qui essaient de s'investir dans une approche coopérative ».
À leur arrivée à la deuxième journée du Gymnich, plusieurs ministres avaient, eux aussi, misé sur la diplomatie plutôt que sur l'affrontement militaire. « On observe la situation. Le tout est de voir si, dans les jours, les semaines qui viennent, on peut garantir la liberté de navigation. La discussion diplomatique avec l’Iran est probablement l’élément le plus important », avait résumé le ministre belge des Affaires étrangères et de la Défense, Didier Reynders. De même, pour le ministre finlandais Pekka Haavisto, « les moyens diplomatiques, le dialogue, le renforcement du dialogue dans la région et le rôle des acteurs régionaux sont très importants ». Il a cependant rappelé qu’il était très difficile de soutenir la coopération alors qu’un navire est toujours retenu par l’Iran.
Priorité à la préservation de l'accord sur le nucléaire iranien
La priorité des Européens reste la mise en œuvre de l'accord sur le nucléaire iranien. Selon Mme Mogherini, l’engagement de l’UE à préserver cet accord peut, en soi, « contribuer à désamorcer la situation de tension également dans d'autres domaines à travers le Golfe ». « L'UE et ses États membres continuent de soutenir pleinement (l’accord) et font tout ce qui est en leur pouvoir pour tenter de mettre en place cet élément fondamental de la non-prolifération nucléaire », a-t-elle rappelé, estimant que, « si quelque chose d'autre peut être construit » sur la base de cet accord, « l'Union européenne s'en félicitera et l'accompagnera ». Elle a précisé que le travail des membres de l'E3+2 (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine et Russie) était de continuer à garantir que l’Iran respecte pleinement ses engagements au titre de l’accord.
Celle qui dirige la diplomatie européenne a également rappelé que des progrès avaient été réalisés dans la mise en place du fonds commun de créances Instex, avec les premières opérations toujours en cours de traitement. « Cela prend du temps, beaucoup de temps, mais c'est aussi compliqué. Ce processus se poursuit », a-t-elle expliqué. L’UE avait annoncé, fin juin, que le mécanisme était opérationnel et que les premières opérations étaient en cours de traitement (EUROPE 12286/7). L'Iran a donné aux Européens jusqu'au 5 septembre pour contrer les sanctions américaines ou alors Téhéran continuera à ne pas respecter l'accord.
Vendredi matin, avant la seconde journée du Gymnich, la Haute Représentante et les ministres des pays de l’E3 (Allemagne, France, Royaume-Uni) se sont réunis pour « s'informer mutuellement et voir quel type de suivi nous pouvons donner aux événements et réunions de Biarritz », a indiqué Mme Mogherini. (Camille-Cerise Gessant)