Les membres de la commission mixte du plan d’action global conjoint (JCPOA) (Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine, Russie et Iran) ont renouvelé, dimanche 28 juillet à Vienne, lors d’une réunion exceptionnelle, leur « engagement continu à préserver » l’accord sur le nucléaire iranien et rappelé leur soutien à ses grands principes.
Alors que l’Iran ne respecte plus l’accord nucléaire (EUROPE 12288/18), en représailles aux conséquences des sanctions américaines à son encontre, le communiqué publié à l'issue de la réunion par la présidente de la commission – la secrétaire générale du Service européen pour l’action extérieure, Helga Schmid – ne fait pas état d'avancées concrètes. Les parties ont d'ailleurs convenu de convoquer une réunion au niveau ministériel « dans un avenir proche ».
Selon le représentant chinois, Fu Cong, si les discussions se sont déroulées dans une « très bonne ambiance », elles ont été émaillées de « tensions ».
Les participants « ont rappelé que les engagements nucléaires et la levée des sanctions sont des éléments essentiels de l'accord », souligne ainsi la présidente dans son communiqué
Les participants ont également réitéré « les engagements contenus dans les déclarations de la Présidence publiées à l'issue des précédentes commissions mixtes et, en particulier, de poursuivre les discussions au niveau des experts sur la levée des sanctions et les questions nucléaires ».
À l'issue de la réunion, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a prévenu que « tout obstacle à la façon dont l’Iran exporte son pétrole (allait) à l’encontre du JCPOA », en référence à l'arraisonnage, début juillet, dans le détroit de Gibraltar, d'un pétrolier iranien suspecté de vouloir livrer du pétrole à la Syrie, pourtant sous embargo.
L’E3+2 et l’Iran ont réaffirmé leur ferme soutien et leur responsabilité collective à l'égard des projets nucléaires (en particulier Arak et Fordow) qui constituent un élément essentiel du JCPOA « afin d'assurer le caractère exclusivement pacifique du programme nucléaire iranien », selon le communiqué.
L’Iran critique la proposition britannique de force navale
Par ailleurs, alors même que la commission se réunissait, le porte-parole iranien a critiqué la proposition de l’ancien ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, de mettre en place une mission européenne pour assurer la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz (EUROPE 12302/17).
Le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabiei, cité par l’agence Isna, a qualifié cette annonce de « message hostile » et d’acte « provocateur » qui va « accentuer les tensions ». Selon lui, son pays est « le plus grand agent de la sécurité maritime dans le Golfe persique ».
Pour sa part, le président Hassan Rohani a estimé, toujours le 28 juillet, que « la présence de forces étrangères n’(aiderait) pas à la sécurité de la région et (serait) la principale source de tensions ». (Camille-Cerise Gessant)