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Bulletin Quotidien Europe N° 12302
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ACTION EXTÉRIEURE / Golfe

L'UE suit de près la création d’une force navale dans le détroit d’Ormuz

La porte-parole du Service européen pour l’action extérieure, Maja Kocijancic, a souligné, mardi 23 juillet, que le Service européen pour l’action extérieure suivait « de très près » les développements dans le détroit d’Ormuz, alors que le Royaume-Uni a annoncé vouloir créer une mission de protection maritime européenne.

« La Haute Représentante de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité est en contact étroit avec les États membres qui travaillent à trouver une solution pour aider à renforcer la sécurité maritime. Des discussions sont en cours », a-t-elle annoncé, sans donner plus de détails.

La veille, le ministre britannique des Affaires étrangères, Jeremy Hunt, avait annoncé la création d’une mission de protection maritime dirigée par les Européens pour soutenir le passage en toute sécurité des équipages et des marchandises dans le détroit d’Ormuz, après l’arraisonnement, le 19 juillet, d’un de ses pétroliers (EUROPE 12301/14).

Devant la Chambre des Communes, il a précisé avoir eu « des discussions constructives avec un certain nombre de pays » au cours des 48 heures précédentes. Il a ajouté que les discussions se poursuivraient dans la semaine afin de voir la meilleure façon de compléter ces discussions avec les récentes propositions américaines dans ce domaine, précisant que cette force ne ferait pas partie de la « politique de pression maximale des États-Unis sur l'Iran, car nous restons déterminés à préserver l'accord nucléaire iranien »

Très vite, les premiers soutiens se sont fait entendre. La ministre de la Défense française, Florence Parly, a précisé, après un entretien téléphonique avec son homologue britannique, Penny Mordaunt, que « la liberté de navigation dans le Golfe est un enjeu majeur de sécurité pour les Européens ». « Nous souhaitons travailler ensemble à la garantir », a ajouté la Française. Selon l’ancien ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud, la France va assigner des moyens militaires à la mission.

Pas une mission européenne

Interrogé par EUROPE sur une éventuelle demande britannique d’une mission de PSDC européenne, le SEAE n’a pas répondu. Selon une source européenne, la force navale sera une mission avec des pays européens et non une mission européenne. Les Britanniques envisageraient une initiative multinationale, avec la possible participation de pays tiers, afin que la mission puisse être rapidement mise en œuvre.

Les ambassadeurs du Comité politique et de sécurité ont eux aussi discuté, mardi 23 juillet, lors de leur dernière réunion avant la pause estivale, de la situation dans le détroit d’Ormuz et des relations avec l’Iran. Ils ont notamment exprimé leur solidarité avec le Royaume-Uni face à l’arraisonnement de son pétrolier et mis en avant l’importance de la liberté de navigation et d’éviter l’escalade des tensions.

Ne pas abandonner l’accord sur le nucléaire iranien

Par ailleurs, la Commission mixte sur l’accord nucléaire iranien tiendra une réunion « extraordinaire » présidée par la secrétaire générale du Service européen pour l’action extérieure, Helga Schmid, en présence de l’E3+2 (Allemagne, France, Royaume-Uni et Chine, Russie) et l’Iran, le 28 juillet, a annoncé le SEAE, mardi 23 juillet. Il s’agira de la première réunion de la Commission mixte depuis que l’Agence internationale à l’Énergie atomique (AIEA) a annoncé que l’Iran ne respectait plus l’accord.

« La réunion a été convoquée à la demande de la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Iran et examinera les questions liées à la mise en œuvre du JCPOA dans tous ses aspects », précise le communiqué du SEAE. Les tensions dans le détroit d’Ormuz ne devraient donc pas y être abordées.

Le 9 juillet, dans un communiqué commun, les Européens avaient plaidé pour une réunion en urgence de cette commission (EUROPE 12292/19). (Camille-Cerise Gessant)

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