login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 12302
POLITIQUES SECTORIELLES / Industrie/marchÉ intÉrieur

Les ambitions climatiques de la Présidence finlandaise du Conseil de l'UE laissent une partie des eurodéputés perplexes

Les ambitions affichées, mardi 23 juillet, en commission Industrie, Recherche et Énergie (ITRE) du Parlement européen par la ministre finlandaise des Affaires économiques, Katri Kulmuni, et celle des Transports et des Communications, Sanna Marin, en matière d’objectifs climatiques, n’ont pas fait l’unanimité parmi les eurodéputés.

Schématiquement, un clivage géographique Est-Ouest est apparu, à l’instar de celui au Conseil européen, où quatre États membres de l'Est s’étaient opposés à un objectif de neutralité climatique fixé à 2050 (EUROPE 12279/2). Et pour cause. Cet objectif figure clairement en tête des priorités de la Présidence finlandaise (EUROPE 12286/8) et n’a pas manqué d’être martelé par les deux ministres finlandaises durant leur intervention.

Les velléités finlandaises ont été globalement saluées par les députés européens. Toutefois, nombreux ont été les députés à s’interroger, d’une part, sur le plan d’actions concrètes qu’allait mettre en place la Présidence, à l’instar de Henna Virkkunen (PPE, finlandaise) et, d’autre part, la prise en compte des spécificités géographiques, notamment en termes de mix énergétique, des différents États membres.

Sur ce dernier point, plusieurs députés d’Europe centrale et orientale ont fait part de leur inquiétude quant à l’impact qu’auraient ces objectifs climatiques sur leur économie, à l’instar de Martina Dlabajová (RE, tchèque), qui s’est interrogée sur la prise en compte des PME, ou de Robert Hajšel (S&D, slovaque). Ce dernier a dit craindre le surcoût énergétique de ces mesures, qui pèserait sur les économies des États de l’Est, avant de promouvoir les avantages de l’énergie nucléaire. Grzegorz Tobiszowski (CRE, polonais) a également fustigé les taxes vertes introduites. L’extrême droite, par la voix de Paolo Borchia (ID, italien), a réclamé que les énergies traditionnelles bénéficient des mêmes subventions que les énergies renouvelables.

Du côté occidental, au contraire, Marie Toussaint (Verts/ALE, française) s’est inquiétée du manque d’ambition dans la lutte contre le changement climatique au niveau européen et national. Nicolás Gonzalez Casares (S&D, espagnol) s'est ainsi interrogé sur le fait de savoir si les plans nationaux en matière d’efficacité énergétique seront à la hauteur des ambitions.

Industrie. Plusieurs députés, à l'instar de Patrizia Toia (S&D, italienne), ont critiqué le peu d’appétence de la Présidence finlandaise pour les questions industrielles et insisté sur la nécessité de développer une stratégie industrielle. Les deux ministres s’en sont défendu et ont mis en avant une approche holistique qui comprend de nombreux aspects (commerce, recherche, compétence, numérique). Selon elles, il ne faut pas seulement se concentrer sur l’industrie, mais aussi sur l’approfondissement du marché unique pour les services (EUROPE 12287/8).

Parrainages commerciaux des présidences. Les deux ministres finlandaises ont été interpellées, notamment par Marc Botega (GUE/NGL, belge), sur les pratiques de parrainages commerciaux (sponsoring) des présidences du Conseil de l’UE (EUROPE 12301/3) et le fait que le constructeur automobile allemand BMW soit associé à la Présidence finlandaise du Conseil de l’UE. Mme Kulmuni l’a volontiers reconnu et a assuré que le parrainage portait seulement sur les transports et répondait à un cahier des charges précis. (Pascal Hansens)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
BRÈVES
CORRIGENDUM