La Commission européenne a salué, mardi 23 juillet, les résultats de la réunion ministérielle de Paris, la veille, au cours de laquelle quatorze États membres - dont huit plus spécifiquement - ont montré leur intérêt pour un mécanisme de solidarité stable pour le débarquement dans l'Union européenne de migrants secourus en Mer Méditerranée (EUROPE 12301/4).
L'institution européenne a en effet qualifié d'« étape importante » le soutien apporté à la proposition franco-allemande mise sur la table des ministres européens de l’Intérieur à Helsinki, le 18 juillet (EUROPE 12300/4), et consistant en une relocalisation automatique des migrants débarqués.
Ces « progrès » permettront de nouvelles avancées, début septembre, à Malte, lors d’une nouvelle réunion ministérielle, a indiqué Natasha Bertaud, porte-parole.
Sur les quatorze États, huit ont acté une participation « active » à ce système, parmi lesquels, outre l'Allemagne et la France, le Portugal, le Luxembourg, la Finlande, la Lituanie, la Croatie et l'Irlande. Le système prévoit de répartir aussi vite que possible les personnes débarquées demandant officiellement l'asile entre les pays participants.
En échange, l'Italie et Malte accepteraient d’ouvrir leurs ports. Opposé à ce principe, le ministre italien de l’Intérieur, Matteo Salvini, avait toutefois boycotté la réunion de Paris.
De leur côté, l’Organisation internationale des migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (UNHCR) ont salué les résultats de cette réunion. A été dégagé un « consensus sur la nécessité de mettre fin à la détention arbitraire de réfugiés et de migrants en Libye », ont dit les deux organisations dans un communiqué. Et d'ajouter : « Compte tenu des risques d'abus, de mauvais traitements ou de mort, personne ne devrait être renvoyé dans des centres de détention en Libye après avoir été intercepté ou sauvé en mer ».
Pour l'OIM et l'UNHCR, « l’engagement renouvelé des États (...) de prévenir les pertes de vies humaines en Méditerranée est également encourageant ». Même chose pour les « discussions sur la mise en place d’un dispositif temporaire et prévisible pour le débarquement des personnes après leur sauvetage en mer et le partage de la responsabilité entre les États pour leur accueil par la suite ». (Solenn Paulic)