Vendredi 19 juillet, la Médiatrice européenne, Emily O'Reilly, a annoncé l’ouverture d’une enquête, à la suite d’une plainte déposée par l’ONG Foodwatch International, reprochant au Conseil de l'UE de ne s’être toujours pas doté de lignes directrices (guidelines) encadrant les parrainages commerciaux des Présidences du Conseil de l’UE.
Dans une lettre datée du 15 juillet, adressée au secrétaire général du Conseil de l’UE, Jeppe Tranholm-Mikkelsen, la Médiatrice européenne conteste la réponse du Conseil de l’UE faite plus tôt à l’ONG, selon laquelle elle n’était pas en mesure « d’examiner ou de commenter » le bien-fondé de l’affaire des parrainages, étant donné que cette question relève des compétences des autorités des États membres prenant la présidence tournante. Un argument qui ne tient pas, d'après la Médiatrice, qui a cité une plainte datée de 2005 (1487/2005/GG) dans laquelle le Conseil affirmait par écrit que la Présidence « fai(sait) fonctionnellement partie du Conseil ».
La Médiatrice considère qu’il serait bon que le Conseil amende son règlement intérieur (Chapitre 1.4) concernant l’organisation des présidences, afin de mieux couvrir la question des parrainages commerciaux. Elle attend ainsi, dans un premier temps, une réponse de l'institution à sa lettre, qui est attendue pour la mi-septembre de cette année.
La Présidence finlandaise
Foodwatch International dénonce le fait que la Présidence roumaine du Conseil de l’UE, dont le mandat a couru durant le premier semestre de 2019, a fait l’objet de parrainages de grandes multinationales, à l’image de Renault, Mercedes ou encore Coca-Cola, ce dernier groupe étant décrit comme un « partenaire » de la Présidence.
Dans un communiqué publié lundi 22 juillet, Foodwatch International a regretté la position de la Présidence finlandaise du Conseil, qui semble ne pas vouloir prendre le sujet à bras le corps. « Foodwatch soutient qu'il est scandaleux qu'une des institutions clés de l'UE, qui a le pouvoir législatif et a l'ascendant sur les accords commerciaux de l'UE, puisse laisser un constructeur automobile payer pour une partie de ses activités ! », s’indigne l’ONG dans son communiqué. (Pascal Hansens)